outubro 17, 2004

Raffarin, défenseur "de coeur" de l'adhésion roumaine à l'Union

[Fonte: France Soir]

Jean-Pierre Raffarin s'est fait dimanche le chantre de l'adhésion européenne de la Roumanie, "pays frère, société soeur" de la France.

A son arrivée à Bucarest, pour une visite officielle de 48 heures, le Premier ministre a insisté pour que l'on ne "mélange pas" les dossiers roumain et bulgare d'une part, turc d'autre part.

"L'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie sont déjà inscrites dans notre processus d'élargissement", a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé à la télévision publique TVR1, diffusé pendant le journal de 19h00, le plus suivi dans le pays.

Le cas de la Turquie s'inscrit dans une "échéance de temps beaucoup plus longue et qui pose d'autres problèmes", a souligné Jean-Pierre Raffarin, trois jours après le débat parlementaire français sur la candidature d'Ankara à l'Union européenne.

"Nous ne mélangons pas ces deux dossiers. L'un est un dossier en voie de finalisation. L'autre est un dossier qui sera peut être ouvert" lors du conseil européen du 17 décembre et les négociations seront "très probablement longues et complexes", a-t-il ajouté.

En tout état de cause, le fait qu'une partie de la classe politique française réclame un référendum sur l'adhésion turque ne crééra pas de précédent applicable à la Roumanie et de la Bulgarie, a-t-il assuré aux téléspectateurs roumains.

En arrivant dans les studios de la télévision publique, dont les images ont nourri en direct et sans arrêt pendant près d'une semaine la révolution en marche dans les rues de Bucarest en décembre 1989, Jean-Pierre Raffarin s'est dit porteur d'un "message du coeur".

"Nous sommes déjà en 2007. La Roumanie est déjà dans l'Union européenne", a-t-il lancé avant de s'empresser d'ajouter, en fixant intensément la caméra: "Nous le souhaitons".

Après le feu vert de la Commission européenne, le 6 octobre dernier, Roumanie et Bulgarie devraient signer leur traité d'adhésion au printemps 2005 en vue d'une adhésion au premier janvier 2007.

"La France, le président Jacques Chirac, tout le gouvernement, nous nous sommes engagés aux côtés de la Roumanie pour faciliter les négociations d'adhésion" de la Roumanie, "pays frère et société soeur", a-t-il dit.

"EFFORTS SIGNIFICATIFS"

Dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien roumain Adevarul (La Vérité), Jean-Pierre Raffarin appelle cependant le gouvernement roumain à ne relâcher "en aucun cas" ses efforts.

Les prochaines étapes du calendrier d'adhésion "ne doivent pas amener à un ralentissement du rythme de mise en oeuvre des réformes. Des efforts significatifs (...) sont encore indispensables", a-t-il insisté à la veille du premier séminaire intergouvernemental franco-roumain, consacré aux infrastructures et à la réforme de l'Etat.

Trois des 30 chapitres de "l'acquis communautaire", qu'un pays doit remplir pour entrer dans l'Union, sont toujours en suspens (justice et affaires intérieures, environnement et concurrence).

Le gouvernement d'Adrian Nastase, confronté à des élections législatives qui s'annoncent très serrées à la fin du mois de novembre, doit trouver un accord avec Bruxelles avant la fin 2004.

Le "chapitre 24", consacré à la justice, a très peu de chances d'aboutir à temps, souligne-t-on toutefois dans la communauté française de Bucarest, évoquant principalement des problèmes de corruption, parfois aux plus hauts niveaux des administrations roumaines.

Dans contexte électoral tendu - les législatives du 28 novembre se tiennent en même temps que le premier tour de l'élection présidentielle et l'opposition de centre-gauche semble en passe de l'emporter - Jean-Pierre Raffarin a loué les vertus de l'alternance, allant même jusqu'à faire un parallèle avec sa situation personnelle.

"Dans toute démocratie, le processus d'alternance est un processus normal", a-t-il confié tout sourire à Emil Huruzeanu, présentateur vedette de la télévision roumaine.

"Mais quand on estime, comme c'est mon cas, mener la politique qu'il faut pour son pays, on ne souhaite pas forcément l'alternance, on souhaite continuer cette politique".

"Il faut que l'alternance soit possible mais elle n'est pas forcément nécessaire", a-t-il estimé, sept mois après les défaites électorales de la droite et à l'heure où son maintien à Matignon fait l'objet de spéculations.

"En Roumanie comme en France, c'est le peuple qui décide", a conclu le Premier ministre français.

Publicado por jpdias às 11:13 PM