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janeiro 05, 2005

Cuba rétablit les "contacts officiels" avec plusieurs pays européens

Fonte: Le Monde

Alors que l'Union européenne revient sur les sanctions diplomatiques adoptées après la répression de 2003, La Havane mise sur sa division.
"Cuba a pris la décision de rétablir les contacts officiels avec les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, d'Autriche, de Grèce, du Portugal et de Suède", a déclaré le ministre cubain des relations extérieures, Felipe Perez Roque, lors d'une conférence de presse, lundi 3 janvier. La reprise des contacts a été justifiée par M. Perez Roque "à partir de la décision prise à Bruxelles, le 14 décembre, par le Colat - Comité de l'Union européenne pour l'Amérique latine - de renoncer à inviter aux réceptions de leurs pays les mercenaires payés et dirigés par les Etats-Unis".

Les autorités de La Havane considèrent les opposants pacifiques comme des "mercenaires" de Washington. Cela avait valu à 75 d'entre eux d'être condamnés en 2003 à des peines sévères, allant jusqu'à 28 ans de prison. En même temps, trois Cubains qui avaient pris des otages pour tenter de fuir l'île ont été jugés et fusillés, alors qu'il n'y avait pas eu d'effusion de sang.

La vague de répression avait soulevé l'indignation internationale. En guise de protestation, l'Union européenne (UE) adopta une série de mesures symboliques, telles que la suspension des contacts de haut niveau et des manifestations culturelles, ainsi que l'invitation des opposants aux ambassades européennes, lors des fêtes nationales. Le gouvernement cubain avait répliqué en privant les diplomates de l'UE de tout contact.

La relation avec l'Espagne avait été normalisée le 25 novembre 2004, à la suite de la volonté affichée par le nouveau gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero d'infléchir la politique de l'UE à l'égard de Cuba. Avec l'annonce de lundi, La Havane mise sur la division des pays européens, avant la réunion des ministres des affaires étrangères de l'UE habilitée à prendre une décision. Prévue le 14 janvier, la réunion a été reportée à la fin du mois.

"LICENCE EXTRAPÉNALE"

Les ponts n'avaient pas été coupés avec la Belgique et la Hongrie, qui n'ont pas célébré leur fête nationale, ni invité des dissidents. La Havane cherche à isoler les Pays-Bas - qui exerçaient la présidence de l'UE en 2004 -, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, qui s'opposent à un assouplissement tant que tous les prisonniers politiques n'auront pas été libérés. Le Parlement européen s'était prononcé dans le même sens. Sont concernés uniquement les quatorze pays européens représentés à La Havane, sur les vingt-cinq de l'UE.

Sur le groupe des 75 condamnés, 14 ont été relâchés avec une "licence extrapénale" pour motifs de santé. Leur peine de prison reste en suspens en fonction de leur comportement. Le poète et journaliste Raul Rivero et l'économiste Oscar Espinosa Chepe ont bénéficié de cette mesure fin novembre, ce qui a été interprété comme un geste en direction de l'Europe. Cuba garde toujours plus de 300 prisonniers politiques.

Les experts européens du Colat préconisent la relance des échanges culturels et des visites de haut niveau. Le Colat recommande également d'"intensifier les contacts avec la dissidence", tout en suspendant jusqu'au mois de juin les invitations aux réceptions, destinées aussi bien aux officiels qu'aux opposants.

Paulo A. Paranagua

Publicado por esta às janeiro 5, 2005 12:50 AM