« CUATRO GARANTÍAS DE NEGOCIACIÓN CON TURQUÍA Y UNA CONSTITUCIÓN | Entrada | Chirac fixe la feuille de route du gouvernement pour 2005 »
janeiro 03, 2005
2005: les partis à l'épreuve de l'Europe
[Fonte:Liberation]
Les débats à venir sur la Turquie et le traité pourraient fragiliser l'UMP comme le PS.
Par Alain AUFFRAY
lundi 03 janvier 2005 (Liberation - 06:00)
L'Europe encore. L'Europe toujours. A gauche comme à droite, la politique française restera dominée, au moins pendant les six mois à venir, par les affrontements entre partisans et adversaires de la Constitution européenne d'une part, de l'adhésion de la Turquie à l'Union d'autre part. Les deux questions sont au coeur du projet de loi présenté ce matin par le garde des Sceaux, Dominique Perben, à l'occasion du premier Conseil des ministres de l'année 2005 (lire ci-dessous).
Jacques Chirac espère, comme il l'a déclaré lors de ses voeux, que le vote sur la Constitution ne sera «altéré ou détourné par aucune considération». Surtout pas par la question turque. Le succès est loin d'être assuré.
«Oubli révélateur». «Les partisans du non vont s'efforcer de turquiser l'enjeu du référendum», prévoit Jean-Luc Parodi, directeur de recherche à la fondation nationale des sciences politiques, dans le Journal du dimanche. Et, de fait, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, s'est empressé, après les voeux radiotélévisés de Jacques Chirac, de faire savoir qu'en tant que «chef de file du non au référendum» il se faisait fort de réparer «l'oubli révélateur» du chef de l'Etat qui n'a pas dit un mot de la Turquie.
Sur ce point au moins, le député de Vendée semble en accord avec le très europhile Valéry Giscard d'Estaing, pour qui la position française doit encore «être clarifiée» afin que les Français n'aillent pas croire «qu'en disant oui à la Constitution ils disent oui à l'entrée de la Turquie».
A l'UMP, on veut croire au contraire que les choses sont claires. «Grâce à la loi, les Français savent qu'ils auront le dernier mot», souligne la porte-parole Valérie Pécresse. Elle rappelle, comme s'il s'agissait d'un détail mineur, que son parti a pris acte de l'opposition de deux visions : celle de Jacques Chirac, qui voit «une Turquie ancrée dans l'Europe afin d'éviter que ce pays ne tombe dans l'islamisme», et celle de Nicolas Sarkozy, soutenu par le conseil national de l'UMP, pour qui «le projet européen est un projet cohérent dont la Turquie ne fait pas partie».
L'UMP voudrait que le débat parlementaire de janvier soit une première occasion de vanter les mérites d'une Constitution qui renforce l'Europe politique (grâce aux transferts de compétences dans les domaines de la justice, de la police, de l'immigration...) et son contrôle démocratique (par l'instauration du droit de veto des Parlements nationaux).
«Pris en tenaille». Le député PS européen Pierre Moscovici estime lui aussi que la clarification a eu lieu. Le parti a dit oui à la Constitution européenne. Il est donc évident que les députés PS doivent voter la révision constitutionnelle présentée ce matin. L'ancien ministre socialiste des Affaires européennes reconnaît que ses camarades qui plaidaient pour le non risquent de se trouver «pris en tenaille» entre la loyauté à leur conviction et la loyauté à leur parti : «Certains pourront choisir de s'abstenir, mais le non me paraît exclu.» En fait, le PS n'est pas à l'abri de nouveaux déchirements. Alors que premier secrétaire François Hollande appelle au respect de «la discipline de groupe», le sénateur Jean-Luc Mélenchon a fait savoir début décembre qu'il ne se plierait à «aucune police de la pensée».
Et, à l'occasion du débat parlementaire à venir, le PS devra lui aussi surmonter ses divisions sur la Turquie. Qui, pour compliquer l'affaire, ne recoupent pas, loin s'en faut, le clivage sur la Constitution européenne.
Leurre et fiançailles. C'est ainsi que Robert Badinter et Laurent Fabius, opposés sur la Constitution, dénoncent ensemble «l'affaiblissement de l'Europe» qu'entraînerait selon eux l'entrée dans l'UE de 70 millions de Turques. Badinter qualifie de «leurre» la procédure ultime d'un référendum qui laisserait le choix aux Français : «On ne dit pas non devant monsieur le maire au bout de quinze ans de fiançailles.»
Pierre Moscovici, lui, n'est pas hostile au principe d'une consultation sur l'adhésion turque. Mais il juge «assez baroque» et même «outrecuidant» que Jacques Chirac impose un référendum à celui qui occupera l'Elysée dans dix ou quinze ans. La campagne européenne qui s'annonce sera, dit-il, «compliquée pour tout le monde». «Il va falloir être extrêmement subtil car rien n'est joué», ajoute l'ex-ministre socialiste, qui n'ignore pas qu'en matière politique la subtilité n'est pas nécessairement au rendez-vous.
Publicado por esta às janeiro 3, 2005 12:58 PM