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dezembro 13, 2004
UE: l'Italie soupçonnée d'avoir truqué sa dette
[Fonte:Liberation]
Bruxelles s'interroge sur des «erreurs» comptables qui auraient permis au pays d'intégrer la zone euro.
Par Eric JOZSEF
lundi 13 décembre 2004 (Liberation - 06:00)
Rome de notre correspondant
Débat de statisticiens ou manipulation délibérée ? Après la découverte de la falsification des comptes économiques de la Grèce qui avait volontairement sous-évalué son déficit pour respecter le seuil de 3 % du PIB imposé pour intégrer la zone euro, l'Italie est à son tour sur la sellette. Depuis quelques semaines, Rome qui avait in extremis rejoint, en 1998, le club des premiers adhérents à la monnaie unique malgré une dette publique dépassant les 120 % du produit national brut est en effet sommée de s'expliquer sur certaines incohérences comptables.
Casse-tête. La semaine dernière, Amelia Torres, le porte-parole du commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a ainsi publiquement fait part de sa «préoccupation» ainsi que de ses «doutes» et exigé «une clarification rapide» de la situation. Concrètement, Bruxelles cherche à comprendre pourquoi la dette publique italienne, tombée d'environ 13 points en cinq ans, ne décroît pratiquement plus alors que le gouvernement de Silvio Berlusconi continue d'annoncer des déficits budgétaires annuels inférieurs à 3 % du PIB. De 120,5 % en 1997, l'endettement est ainsi passé à 107,9 % en 2002 pour se stabiliser aux alentours de 106 % depuis 2003. A ces bizarreries statistiques s'ajoutent des écarts entre la somme des bons du Trésor émis chaque année par l'Italie pour financer sa dette et le montant du déficit public. En 2003, par exemple, Rome a emprunté pour 4,9 % de son PIB alors que son déficit était officiellement inférieur à 3 % conformément au pacte de stabilité. Un vrai casse-tête pour les fonctionnaires de Bruxelles et les experts de la Banque centrale européenne.
«L'ampleur des incohérences a atteint un tel niveau qu'il est difficile de le justifier par de simples écarts statistiques», a indiqué récemment un rapport de la Commission qui, depuis juillet, scrute à la loupe le cas italien. Après l'affaire grecque, «il serait très grave» que les soupçons exprimés à propos de l'Italie soient confirmés a enchéri le vice-président de la Bundesbank Juergen Stark. En réponse, le ministre italien de l'Economie Domenico Siniscalco a assuré, mardi, que les écarts pointés du doigt n'étaient que le fruit de calculs statistiques distincts et que l'on constate un tel phénomène pour tous les pays européens. De ce point de vue, l'Italie serait même plutôt vertueuse : «L'écart entre les stocks et les flux de la dette italienne est le plus faible parmi les 25 pays de l'UE, après la Grande-Bretagne», a ainsi soutenu le responsable italien. Pour tenter de rasséréner le climat, Siniscalco a rappelé que l'Italie a déjà nommé une commission d'enquête spéciale sur le déficit et la dette pour harmoniser les statistiques et qu'en tout état de cause «ses résultats n'entraîneront pas une révision à la hausse du déficit depuis 2000».
Calmer le jeu. Depuis cette mise au point, les responsables européens s'emploient eux aussi à calmer le jeu, conscients notamment qu'un problème italien aurait beaucoup plus de conséquences sur la monnaie unique que le scandale grec. «Il n'y a aucune indication laissant à penser que les autorités italiennes auraient intentionnellement transmis des chiffres budgétaires erronés», a ainsi déclaré le ministre des Finances néerlandais, Gerrit Zalm, tandis que Joaquin Almunia assurait : «On ne va pas inventer un cas italien (...) Il y aura peut-être une révision légère des chiffres passés, mais pas de grosse révision.» Reste qu'au-delà de cette bataille de chiffres, c'est de nouveau la crédibilité de l'Italie qui est au coeur du débat. Et cela alors, qu'en prévision des prochaines élections, Berlusconi a annoncé le mois dernier une baisse d'impôts de 6,5 milliards d'euros. A Bruxelles, on s'inquiète d'une initiative qui pourrait creuser le déficit budgétaire italien, cette fois, sans aucun doute statistique
Publicado por esta às dezembro 13, 2004 02:13 PM