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dezembro 18, 2004
UE: la Turquie, en route vers l'adhésion
[Fonte:Liberation]
Ankara n'a pas cédé sur la reconnaissance anticipée de la république de Chypre.
UE: la Turquie, en route vers l'adhésion
Par Nathalie DUBOIS et Jean QUATREMER
samedi 18 décembre 2004 (Liberation - 06:00)
Bruxelles (UE) envoyés spéciaux
Recep Tayyip Erdogan avait promis une «guerre des nerfs», il a tenu parole. Il a fallu attendre 14 h 30, vendredi, pour que le Premier ministre turc accepte du bout des lèvres les conditions posées, jeudi soir, par le Conseil européen des vingt-cinq chefs d'Etat et de gouvernement à l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union. Elles débuteront le 3 octobre pour une possible adhésion en 2014, au plus tôt, ainsi que le spécifient les «conclusions» du sommet de Bruxelles.
Préalable. Les Turcs ont eu beaucoup de difficultés à avaler la reconnaissance de la république de Chypre exigée par l'Union comme préalable à l'ouverture des pourparlers. La présidence néerlandaise de l'UE espérait convaincre Erdogan de parapher dès vendredi un protocole étendant l'accord d'union douanière conclu en 1995 entre l'UE et la Turquie , aux dix nouveaux Etats membres, dont Chypre. Ce qui revenait à la reconnaître de facto. Cette demande présentée jeudi soir a été rejetée, les Turcs ayant eu l'impression que les Européens leur mettaient un couteau sous la gorge pour leur arracher une concession majeure. Aucun des Etats membres n'en a fait un casus belli, même le président chypriote grec, Tassos Papadopoulos, dont les compatriotes ont rejeté par référendum en avril dernier le plan de réunification de l'île toujours occupée au nord par 40 000 soldats turcs.
Sous l'égide de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de la France, une solution intermédiaire a été trouvée : les Turcs se sont engagés oralement à étendre l'union douanière à Chypre avant le 3 octobre, accord repris par écrit dans les conclusions du Conseil afin de pouvoir être opposé à Ankara. Comme l'a précisé Jacques Chirac, si la Turquie ne tient pas ses engagements, les négociations ne commenceront pas : «On ne peut pas imaginer que dans un processus d'adhésion, un Etat tiers choisisse les Etats membres qu'il reconnaît et ceux qu'il ne reconnaît pas.» Les Vingt-Cinq, soulagés qu'une crise ait été évitée, ont accueilli par des applaudissements l'accord d'Erdogan.
Aucun autre préalable n'a été exigé. C'est donc au seul nom de la France, où vit une importante communauté arménienne, que Jacques Chirac a fait de la reconnaissance du génocide arménien de 1915 une condition de l'adhésion effective : soulignant que les Français, qui seront consultés par référendum, auraient «le dernier mot» sur l'entrée d'Ankara, le chef de l'Etat a estimé «que si la Turquie ne faisait pas ce travail de mémoire, [ils] en tiendraient le plus grand compte».
Quoi qu'il en soit, «la route sera longue et difficile pour la Turquie», a rappelé le président français, qui a une nouvelle fois souligné que, «naturellement, négociation ne veut pas dire adhésion». Comme pour enfoncer le clou, le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, a annoncé vendredi, qu'il organiserait, lui aussi, un référendum sur l'adhésion de la Turquie, à l'issue des négociations... Autant dire que le pays n'est pas encore membre, seuls 28 % des Autrichiens étant favorables à son entrée.
Convaincre. Les plus chauds partisans de cet élargissement ont maintenant une dizaine d'années pour convaincre les opinions publiques. Comme l'a dit vendredi le Premier ministre britannique Tony Blair, cet arrimage de la Turquie à l'Europe, montrera que «ceux qui pensent qu'il y aurait une sorte de clash de civilisation fondamental entre les mondes chrétien et musulman ont tort». Chirac, lui, ne doute pas que «si on est fiancé durant quinze ans», il y aura forcément au final «un mariage favorable aux deux parties».
Publicado por esta às dezembro 18, 2004 08:55 AM