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dezembro 15, 2004
Turquie : feu vert des eurodéputés aux négociations
Fonte: Le Figaro
Turquie : feu vert des eurodéputés aux négociations
Les eurodéputés se sont prononcés aujourd’hui en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'Union européenne, par 407 voix contre 262 et 29 abstentions.
[15 décembre 2004]
Porté à la tête du gouvernement au lendemain des élections législatives de novembre 2002, Recep Tayyip Erdogan a mené, à un rythme d'enfer, le train impressionnant des réformes souhaitées par Bruxelles (voir le récit ci-dessous).
(Photo AFP)
L'avis du Parlement européen (PE) est un message politique avant tout symbolique car la décision appartient aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.
Le rapport adopté par le PE recommande l'ouverture «sans délai inutile» des négociations avec Ankara et n'envisage pas, dès à présent, d'alternative à l'adhésion, comme le «partenariat privilégié» réclamé par les droites française et allemande.
Si l'objectif «est que la Turquie devienne membre de l'UE», ces négociations sont cependant «un processus ouvert qui ne conduit pas a priori ni automatiquement à l'adhésion», soulignent les eurodéputés, qui énumèrent une série de conditions à remplir, dont «une tolérance zéro» contre la torture.
Deux jours avant le début du sommet de l'Union européenne qui doit décider de l'ouverture de négociations avec la Turquie, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a lancé hier un vibrant appel aux dirigeants européens, rappelant que l'objectif à terme d'Ankara était l'«adhésion pleine» à l'UE et rien d'autre. «J'espère que l'UE ne signera pas une erreur historique qui affaiblirait ses propres fondations», a-t-il ajouté. Il a toutefois signalé que «la Turquie n'hésitera pas à dire «non» (à l'UE) si l'accord final inclut des conditions inacceptables».
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE devraient donner un feu vert au lancement de ces négociations mais assortir leur décision de conditions strictes, tout en précisant que les pourparlers dureront probablement plus d'une décennie. La question de la date d'ouverture des pourparlers sera tranchée au dernier moment, mais dans les coulisses bruxelloises, la date d'octobre 2005 circule avec insistance.
Le président Jacques Chirac devrait réaffirmer aujourd'hui dans une allocution télévisée son «souhait» de voir les Turcs rejoindre l'UE, tout en rassurant une opinion française majoritairement hostile, sur le fait que l'ouverture de négociations ne débouchera pas automatiquement sur une adhésion, si la Turquie dévie de la route de la démocratisation.
Le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a déclaré hier devant les députés que la France poserait «toutes les questions, notamment celle du génocide arménien» lors des négociations. «C'est une blessure qui ne cicatrise pas», a-t-il estimé, ajoutant que «cette question est au cœur même du projet européen qui est fondé sur la réconciliation». Mais la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie «n'est pas une condition que nous posons pour l'ouverture des négociations», a précisé le ministre.
Le premier ministre britannique, Tony Blair, qui dînait hier soir avec le chancelier allemand, Gerhard Schröder, avant le Conseil européen, pourrait proposer des concessions à la France et à l'Allemagne pour apaiser leurs appréhensions. Il serait prêt à retarder au second semestre 2005 l'ouverture des négociations, après le référendum attendu en France sur la Constitution. Il pourrait accepter aussi une clause de «sortie» des négociations, qui laisserait la possibilité de refuser l'entrée au candidat.
Le numéro deux du Parti socialiste, Laurent Fabius, a réaffirmé hier son opposition à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne, en soulignant que «la meilleure solution» était «un partenariat privilégié» entre l'UE et Ankara. «La population ne souhaite pas l'adhésion, le Parlement ne souhaite pas l'adhésion, et l'adhésion n'est pas de l'intérêt de l'Europe et de la France, c'est le partenariat qui est la bonne solution», a déclaré Laurent Fabius.
Le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, a au contraire regretté hier «une folie ambiante» autour du débat en France et en Allemagne sur la Turquie, rappelant que les négociations d'adhésion avec le Royaume-Uni «avaient duré dix ans avec deux veto (français) et deux interruptions».
Publicado por esta às dezembro 15, 2004 12:58 PM