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dezembro 16, 2004

Les Européens s'apprêtent à dire oui à des négociations avec la Turquie

[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent jeudi soir à Bruxelles pour un sommet qui, sauf coup de théâtre, engagera le Vieux continent sur la voie d'un nouvel élargissement en décidant d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie.

Selon toute vraisemblance, les pourparlers devraient débuter à l'automne 2005 mais la route s'annonce longue et tortueuse d'ici à une entrée effective d'Ankara, qui ne pourra pas intervenir avant dix ou quinze ans.

Les discussions se dérouleront dans des conditions strictes et pourront notamment être suspendues en cas d'incartade turque aux principes fondamentaux de l'Union.

La Turquie frappe à la porte de l'Europe depuis plus de 40 ans. L'écrasante majorité des dirigeants de l'UE soutiennent ses aspirations, mais un certain nombre d'entre eux sont confrontés à des opinions hostiles à une telle intégration. C'est le cas notamment de la France et l'Autriche.
A Paris, le président Jacques Chirac s'est dit favorable à l'adhésion de la Turquie si "elle remplit toutes les conditions", dans une interview mercredi soir à la télévision privée TF1.

"La question qu'il faut se poser, c'est +est-ce que l'Europe, et notamment la France, ont ou non intérêt à ce que la Turquie les rejoigne?+ Ma réponse est oui, si...", a déclaré le chef de l'Etat français.

M. Chirac a aussi souligné que le sommet de Bruxelles allait uniquement se prononcer sur l'ouverture de pourparlers avec Ankara. "Négociation, effectivement, cela ne veut pas dire adhésion", a-t-il fait valoir.

Président en exercice de l'UE, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende espère dès le dîner d'ouverture du sommet un feu vert unanime de ses pairs à l'ouverture des pourparlers avec la Turquie.

"Il semble qu'on s'achemine vers un oui", a-t-il déclaré mercredi, tout en précisant que la décision restait dépendante d'éventuels "déraillements".

Inquiet des précautions prises par les Européens, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a de son côté fait monter la pression en menaçant de geler sa candidature si des "conditions inacceptables" étaient posées à son adhésion.

L'autre incertitude du sommet reste l'épineuse question de la reconnaissance juridique par la Turquie de la République de Chypre, la partie grecque de l'île divisée entrée seule dans l'UE le 1er mai. Les Européens espèrent un engagement de M. Erdogan en ce sens avant la fin du sommet vendredi.

Publicado por esta às dezembro 16, 2004 09:48 AM