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dezembro 02, 2004

Les Européens prennent la relève de l'Otan en Bosnie

[Fonte:Liberation]
La priorité sera donnée à la traque des criminels de guerre en cavale.

Par Jean-Dominique MERCHET
jeudi 02 décembre 2004 (Liberation - 06:00)


En Bosnie, l'Otan passe aujourd'hui la main à l'Union européenne, mais Karadzic et Mladic courent toujours. Les 7 000 hommes de la nouvelle Eufor (European Force) assureront désormais le maintien de la paix dans ce pays ravagé par la guerre civile de 1992 à 1995. Une première pour l'UE, qui n'a encore jamais assuré la responsabilité d'une opération militaire de cette importance. L'Eufor, qui succède à la Sfor, sera placée sous commandement britannique et compte 450 Français dans ses rangs.

Neuf ans après l'intervention massive de l'Otan, l'Eufor hérite d'une situation militaire très calme. Mais Radovan Karadzic et Ratko Mladic, les deux principaux criminels de guerre recherchés depuis 1995 par le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, sont toujours en cavale. Karadzic était président des Serbes de Bosnie et Mladic, chef de l'armée serbe.

Effectifs réduits. Leur traque explique pourquoi ni l'Otan, ni les Etats-Unis ne vont quitter totalement la Bosnie, malgré l'arrivée de l'Eufor. L'US Army va certes réduire ses effectifs de 980 à 250 hommes, mais «[leurs] forces vont se concentrer sur les deux (Karadzic et Mladic, ndlr)» : «Jusqu'à ce qu'ils soient arrêtés, nous allons rester sur place», a récemment assuré le général Wright, patron des troupes américaines en Bosnie. L'Otan maintiendra également un «état-major résiduel» au camp Butmir, à Sarajevo, là où s'installe le commandement de l'Eufor.

«Vingt accusés sont toujours en fuite» sur les 82 qui étaient recherchés par le TPI, rappelait la procureure Carla del Ponte, le 23 novembre, devant les Nations unies. Après l'arrivée de l'Otan en Bosnie, l'arrestation des fugitifs a été confiée à un groupe spécial. Son existence a longtemps été tenue secrète et son nom n'a jamais été rendu public. Sept pays en font partie : Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas et Italie. Leurs forces spéciales et leurs services de renseignements sont engagés dans la recherche des accusés.

Ce groupe spécial ne dépendait pas directement de la force de l'Otan (Sfor) déployée dans le pays, mais coordonnait son action avec elle. Selon les accords conclus pour le transfert de responsabilité à l'UE, cette coopération se poursuivra avec l'Eufor.

Limogeages. Les deux principaux fugitifs jouissent de nombreuses complicités locales. Un journal local, Dnevni Avaz, vient ainsi de révéler que Mladic n'avait été rayé des cadres de l'armée serbe de Bosnie qu'en 2002, sept ans après le début de sa traque ! En juin dernier, Paddy Ashdown, représentant de la communauté internationale, avait limogé une soixantaine de fonctionnaires serbes, peu motivés par l'arrestation de Karadzic.


Publicado por esta às dezembro 2, 2004 02:19 PM