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dezembro 16, 2004
Les eurodéputés donnent un signal clair en acceptant l'ouverture de négociations avec la Turquie
[Fonte:Le Temps]
UNION EUROPEENNE. Les chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent ce soir et demain à Bruxelles pour un sommet dominé par le dossier d'adhésion d'Ankara. Les Vingt-Cinq devraient accepter d'entamer les négociations. Les Turcs ont affirmé qu'ils gèleraient leur candidature en cas de conditions inacceptables.
Eléonore Sulser, Bruxelles
Jeudi 16 décembre 2004
Les parlementaires européens ont indiqué mercredi la voie que devraient suivre, sauf surprise, les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis en Sommet ce jeudi soir et vendredi à Bruxelles. Lors d'un vote consultatif à bulletin secret à Strasbourg, ils ont jugé par 407 voix contre 262 et 29 abstentions qu'Ankara pouvait commencer ses négociations d'adhésion avec l'Union européenne.
Si la France se déchire depuis des semaines en des débats qui ont fini par faire vaciller la position de Jacques Chirac lui-même – il s'est rallié à l'idée que des négociations pourraient déboucher sur un partenariat qui ne serait pas une adhésion – une majorité de pays européens soutient beaucoup plus franchement la candidature turque. Certes, tous sont d'accord pour y poser des conditions et considérer les dix à quinze ans de pourparlers qui s'annoncent comme un «processus ouvert». Vienne partage les réticences françaises, mais les Britanniques, les Allemands, les Espagnols, les Italiens, les Belges, les Scandinaves – les Danois mis à part – et la plupart des nouveaux pays adhérents – à l'exception évidente de Chypre – veulent que l'Europe envoie un signal positif à la Turquie. Les Néerlandais, qui présideront cette réunion des Vingt-Cinq, n'envisagent guère l'échec, même s'ils reconnaissent qu'un «déraillement», pour reprendre l'expression du premier ministre Jan Peter Balkenende, n'est pas à exclure lors des dernières tractations avec Ankara et entre les Vingt-Cinq.
Le rôle de Chypre
C'est, pour de nombreux diplomates, la grande inconnue: jusqu'où les Chypriotes sont-ils prêts à s'obstiner et les Turcs à coopérer? Nouvelle en Europe, la république grecque a caressé l'idée d'un veto si la Turquie ne reconnaissait pas son existence. Bruxelles espère qu'Ankara acceptera lors du sommet de s'engager à signer un accord qui étend l'Union douanière avec l'Europe aux dix pays de l'élargissement. Ce serait un premier pas vers une reconnaissance effective, que les Chypriotes devraient se résigner à attendre encore un peu.
Le génocide arménien
Le Parlement européen et Paris souhaitent que la Turquie, dans son processus de rapprochement avec l'Union, fasse un «travail de mémoire» et reconnaisse son rôle dans le massacre de 1,5 million d'Arméniens entre 1915 et 1917. Mais ces vœux ne constituent, ni pour l'assemblée strasbourgeoise ni pour le gouvernement français, une condition à l'ouverture des négociations. Les associations arméniennes manifesteront vendredi aux abords du quartier européen.
Les clauses de sauvegarde
Ankara bataille fermement et a même menacé hier de geler sa candidature si son futur statut d'Etat membre est assorti de restrictions trop contraignantes. L'Europe songe en effet à imposer aux Turcs une sorte de statut spécial après l'adhésion qui empêcherait, par exemple, les travailleurs turcs de s'établir aussi librement que les autres Européens dans le pays de l'Union de leur choix.
Le début des négociations
La France aurait voulu qu'on ne commence pas avant fin de 2005 voire début 2006, mais de nombreux pays ne voient pas la nécessité d'attendre autant. Bien des observateurs estiment que l'on devrait décider de lancer les pourparlers dans le courant de l'automne prochain. L'Europe veut aussi garder le contrôle du déroulement des discussions et envisage de se prononcer à l'unanimité à chaque étape des négociations, qui pourront être interrompues si la Turquie devait renoncer aux réformes fondamentales qu'elle a lancées.
Roumanie, Bulgarie, Croatie
Les conditions posées à Ankara rejailliront-elles sur les autres candidats à l'adhésion? Les négociations étant achevées avec la Roumanie et la Bulgarie, l'UE devrait signer les traités d'adhésion au printemps. Leur arrivée est prévue pour 2007 mais pourrait être retardée à 2008 si ces pays ne sont pas prêts économiquement. La Croatie, elle, devrait se voir encouragée à mieux collaborer avec le Tribunal pénal international de La Haye avant de commencer au printemps ses négociations d'adhésion.
Publicado por esta às dezembro 16, 2004 09:54 AM