« L'Union européenne prête à entrebailler ses portes à la Turquie | Entrada | European Parliament backs opening of Turkey's EU accession talks »
dezembro 15, 2004
Les eurodéputés disent oui aux négociations d'adhésion avec la Turquie
Fonte: France Press
Les eurodéputés se sont prononcés mercredi en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'Union européenne, par 407 voix contre 262 et 29 abstentions.L'événement
L'avis du Parlement européen (PE) est un message politique avant tout symbolique car la décision appartient aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.
Le rapport adopté par le PE recommande l'ouverture "sans délai inutile" des négociations avec Ankara et n'envisage pas, dès à présent, d'alternative à l'adhésion, comme le "partenariat privilégié" réclamé par les droites française et allemande.
Si l'objectif "est que la Turquie devienne membre de l'UE", ces négociations sont cependant "un processus ouvert qui ne conduit pas a priori ni automatiquement à l'adhésion", soulignent les eurodéputés, qui énumèrent une série de conditions à remplir, dont "une tolérance zéro" contre la torture.
Les eurodéputés ont également adopté un amendement par 332 voix contre 325 appelant "la Commission européenne et le Conseil à exiger des autorités turques la reconnaissance formelle de la réalité historique du génocide des Arméniens en 1915 et l'ouverture dans un délai rapide de la frontière entre la Turquie et l'Arménie", sans en faire cependant un préalable aux négociations.
Les eurodéputés appellent également au retrait des troupes turques du nord de Chypre et notent que les négociations se dérouleront avec les 25 Etats membres de l'UE, ce qui, "à l'évidence, implique la reconnaissance de Chypre par la Turquie".
Le non était ouvertement défendu par les droites française (UMP et UDF) et allemande (CDU), ainsi que les courants souverainiste ou d'extrême-droite.
L'union européenne s'apprête également à dire oui à des négocaitions d'adhésions avec la Turquie au sommet de Bruxelles qui s'ouvre jeudi soir, mais la route sera tortueuse d'ici à une entrée d'Ankara loin d'être garantie et qui n'interviendra pas avant dix ou quinze ans.
La rencontre devrait aussi fixer au printemps prochain l'ouverture de discussions similaires avec la Croatie et la signature du traité d'adhésion de la Roumanie et la Bulgarie, attendues toutes deux dans l'UE dès 2007.
Selon des diplomates, les pourparlers avec la Turquie ont toutes les chances de démarrer à l'automne 2005, à des conditions cependant très strictes. Ils pourront notamment être suspendus en cours de route cas de violation des principes fondamentaux de l'UE. Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient souligner que les discussions seront longues et reprendre à leur compte la recommandation de la Commission européenne en faveur d'un "processus ouvert dont le résultat ne peut être garanti avant terme".
Sauf rebondissement, ils ne s'avanceront pas en revanche sur une alternative à l'intégration en cas d'échec et se contenteront d'affirmer le "lien" que l'UE veut conserver "quoi qu'il arrive" avec Ankara, selon les mêmes sources.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé mardi que son pays n'accepterait "aucune autre perspective qu'une adhésion pleine". La Turquie aspire à s'arrimer à l'Europe depuis plus de 40 ans. Elle dispose du statut officiel de candidat à l'UE depuis 1999 et une large majorité des dirigeants européens voit dans la perspective de son intégration le moyen de jeter un pont entre l'Occident et le monde musulman.
Mais les opinions en appréhendent souvent l'impact. Ainsi, 67% des Français s'y disent opposés. En Autriche, la proportion grimpe à plus de 75%. Les consultations entre Etats membres des dernières semaines ont déminé les questions les plus sensibles laissées au verdict des dirigeants. La France, qui craint que le débat sur la Turquie n'interfère avec le référendum attendu au printemps pour la ratification de la Constitution européenne, devrait avoir gain de cause sur sa revendication d'ouvrir les négociations d'adhésion "au plus tôt au 2e semestre" de l'an prochain.
Publicado por esta às dezembro 15, 2004 03:33 PM