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dezembro 15, 2004
Jacques Chirac s'exprime à la télévision sur la Turquie
Fonte: France Press
Jacques Chirac devrait tenter ce mercredi à la télévision de rassurer les Français hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne avant de se rendre à Bruxelles pour y négocier durement les conditions d'ouverture du processus d'adhésion.
Jeudi et vendredi au Conseil européen de Bruxelles, le président de la République devrait redire que l'adhésion de la Turquie est "souhaitable", soulignant que l'objectif des négociations est bien l'entrée dans l'UE de ce pays qui frappe depuis 40 ans à la porte de l'Europe
Mais M. Chirac devrait surtout insister auprès des 24 autres chefs d'Etat et de gouvernement pour que l'hypothèse d'un "lien fort" avec Ankara, en cas d'échec des négociations, soit clairement inscrit dans les conclusions du sommet. La France souhaite que cette perspective concerne non seulement, de manière générale, tous les futurs candidats mais aussi spécifiquement la Turquie, a-t-on souligné dans l'entourage du chef de l'Etat. "Il faut démontrer que les négociations ne débouchent pas forcément sur l'adhésion", dit un diplomate.
Paris veut aussi s'assurer que les multiples garde-fous envisagés par la Commission européenne soient bien imposés à Ankara, de manière à pouvoir suspendre à tout moment les négociations au cas où la Turquie sortirait des rails, notamment en matière de droits de l'homme. La France, qui a une nouvelle fois pris une position singulière parmi les 25, ne doute pas de parvenir à une position commune avec Berlin, bien que le chancelier allemand Gerhard Schroeder soit un des plus chauds partisans d'Ankara. "Il y aura une position commune. Elle est déjà pratiquement acquise sur la formulation", affirme-t-on dans l'entourage de Jacques Chirac. Concernant la date d'ouverture des négociations, Paris table aussi sur un compromis "au deuxième semestre" 2005, plutôt qu'au premier semestre comme le réclame Ankara.
Dans un geste vis-à-vis de l'importante communauté arménienne de France, estimée à plus de 400.000 personnes, mais dans un nouveau défi à Ankara, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a également demandé à la Turquie de reconnaître le "génocide arménien" (1915-1917) avant de rejoindre l'UE, sans toutefois en faire une condition à l'ouverture des négociations.
C'est ce délicat équilibre que M. Chirac devrait défendre mercredi lors d'une interview diffusée au journal télévisé de TF1 de 20h00. Celle-ci vise à expliquer aux Français les enjeux du sommet de Bruxelles et à faire un "effort de pédagogie" vis-à-vis d'une opinion hostile, indique-t-on dans son entourage. Selon un sondage IFOP publié lundi par Le Figaro, 67% des Français sont opposés à l'entrée de la Turquie, une opposition qui se manifeste à droite comme à gauche, mais qui est particulièrement forte au sein de l'UMP, le propre parti de Jacques Chirac (71% d'opposants).
Pour autant, une courte majorité, y compris à l'UMP, est favorable à l'ouverture des négociations avec Ankara. L'exercice s'annonce ainsi difficile pour Jacques Chirac qui, encore au début de l'été, affirmait avec force la "vocation européenne" de ce grand pays musulman de 70 millions d'habitants et voyait dans son intégration le meilleur remède au "choc des civilisations".
Mais depuis, face au risque de voir la question turque faire capoter la ratification par référendum de la Constitution européenne, il a peu à peu tempéré son enthousiasme et infléchi son discours. Il a notamment promis, le 1er octobre à Strasbourg, que les Français se prononceront par référendum sur l'entrée de la Turquie, à l'issue des négociations, dans dix ou quinze ans.
Publicado por esta às dezembro 15, 2004 03:29 PM