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dezembro 17, 2004
Déception turque au sommet européen
[Fonte:Le Temps]
Le début des négociations entre l'Union européenne et la Turquie passe par une reconnaissance préalable par cette dernière de Chypre. Les discussions se poursuivaient vendredi matin sans que la Turquie ait répondu à l'offre des Européens.
Vendredi 17 décembre 2004 12:23
Agences
Les dirigeants de l'Union européenne (UE) tentaient d'arracher vendredi au sommet de Bruxelles un accord avec le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, sur l'ouverture de négociations d'adhésion le 3 octobre 2005, qui bute sur le problème de la reconnaissance de Chypre.
Le président en exercice de l'UE, Jan Peter Balkenende, a réuni avec lui vendredi matin le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schröder et les premiers ministres britannique et grec, Tony Blair et Costas Caramanlis, en marge du sommet. Jan Peter Balkenende avait juste auparavant rencontré Recep Tayyip Erdogan.
«Contrat de fiançailles»
Le projet de conclusions du sommet préparé dans la nuit par la présidence néerlandaise, sorte de contrat de fiançailles avec Ankara en vue du mariage prévu pour dans 10 à 15 ans, tablait sur un engagement vendredi du premier ministre turc à reconnaître Chypre.
Mais le problème était vendredi matin de définir la forme de cet engagement. Le projet des 25 était d'obtenir dans la journée qu'Ankara paraphe un protocole diplomatique étendant aux dix nouveaux membres de l'UE, dont la République de Chypre, l'accord d'association de 1963 qui lie Turcs et Européens.
Un tel geste de la Turquie équivaudrait à une reconnaissance de Chypre, à laquelle Recep Tayyip Erdogan s'est refusé jusqu'à présent.
Le paraphe aurait constitué un accord de principe, qui aurait été confirmé par la suite par une signature en bonne et due forme, attendue par les 25 avant le 3 octobre 2005, date d'ouverture prévue des négociations d'adhésion.
Difficiles négociations
Les Turcs «sont d'accord» pour signer avant le 3 octobre, a expliqué un diplomate européen. En revanche, ils refusent de s'engager dès maintenant par un paraphe, trop engageant selon eux. «La Grèce et Chypre veulent être surs que la formulation va véritablement engager un processus de normalisation. Les Turcs, eux, veulent s'assurer qu'ils gardent la maîtrise du processus», a-t-il expliqué. «Les négociations se poursuivent, mais elles sont très difficiles, c'est le moins que l'on puisse dire», a affirmé de son côé un diplomate turc.
Dans la matinée, la présidence néerlandaise a mis au point avec l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne un compromis, qui, selon plusieurs sources, renonce à demander le paraphe à la Turquie au bénéfice d'une autre forme d'engagement.
Les 25 ont dans l'intervalle repris leurs travaux sur le reste de l'ordre du jour du sommet, en recevant notamment le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour discuter de la réforme de l'organisation internationale.
Déception
Dès le début de la matinée, un diplomate turc avait indiqué qu'Ankara était déçu par les propositions des Européens. «Il y a de faibles chances» de parvenir à un accord sur le projet actuel, avait-il indiqué sous couvert de l'anonymat. «J'espère que ça ira», avait déclaré pour sa part le chancelier allemand Gerhard Schroeder, avant un petit déjeuner de travail avec le président français Jacques Chirac et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero. «Je pense que l'on peut trouver des modalités qui permettront» d'obtenir l'accord des Turcs comme des Chypriotes, a-t-il déclaré.
«Processus ouvert»
Dans leur projet de conclusions, les chefs d'Etat et de gouvernement européens prônent un «ancrage ferme» de la Turquie à l'Union européenne «avec le lien le plus fort possible», si jamais Ankara n'était pas en mesure d'adhérer. Les 25 réaffirment que les négociations «sont un processus ouvert, dont l'issue ne peut être garantie à l'avance».
Le projet de texte conserve la possibilité que le futur traité d'adhésion comporte des «longues périodes de transition, des dérogations, des arrangements spécifiques ou des clauses de sauvegarde permanentes», dans des domaines comme la libre circulation des personnes, les aides structurelles ou l'agriculture.
Le sommet de Bruxelles devait par ailleurs confirmer la date d'avril 2005 pour l'ouverture de négociations avec la Croatie et la signature du traité d'adhésion de la Roumanie et la Bulgarie, attendues toutes deux dans l'UE le 1er janvier 2007.
Les Européens devaient aussi réaffirmer leur «volonté politique» de travailler à la levée de l'embargo sur les armes à la Chine.
Publicado por esta às dezembro 17, 2004 01:36 PM