« Durão Barroso diz que é tempo de iniciar negociações sérias | Entrada | La UE propone cambios en la oferta a Turquía ante el rechazo de Erdogan »

dezembro 17, 2004

Chypre, un tabou turc

[Fonte:Liberation]
Par AFP
vendredi 17 décembre 2004 (Liberation.fr - 12:32)


La reconnaissance de Chypre, au cœur d'un imbroglio au sommet européen de Bruxelles, est, depuis trente ans, un tabou pour la Turquie qui a envahi militairement le nord de l'île en 1974. Les dirigeants turcs ont à plusieurs reprises affirmé ces derniers jours qu' «il n'est absolument pas question de reconnaître ouvertement ou indirectement Chypre» avant un règlement de cette question, perçue comme une «cause nationale» en Turquie et sur laquelle les sentiments nationalistes sont à fleur de peau.

Jusqu'à présent, la Turquie, puissance garante de Chypre avec le Royaume Uni et la Grèce, a toujours refusé de reconnaître de jure ou de facto la République de Chypre, reconnue internationalement comme la seule entité légitime de l'île, mais dont l'autorité ne s'étend de fait que sur la partie sud.

Chypre est divisée depuis l'invasion en 1974 du tiers nord de l'île par l'armée turque, en réponse à un coup d'Etat chypriote-grec destiné à rattacher l'île à la Grèce, avec le soutien de la junte alors au pouvoir à Athènes. La Turquie, qui maintient quelque 30.000 soldats en République turque de Chypre du nord (RTCN, fondée en 1983), est le seul pays au monde à reconnaître la RTCN, unilatéralement proclamée en 1983 et peuplée de 200.000 chypriotes-turcs.

Ankara estime avoir fait un maximum de concessions pour régler l'épineux dossier de la réunification de Chypre en soutenant avec force le dernier plan de paix proposé par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, rejeté lors d'un référendum par les trois quarts de la population chypriote-grecque. En revanche, une majorité de Chypriotes-turcs l'a approuvé malgré l'opposition farouche de leur leader historique, Rauf Denktash, dont le prestige en a souffert.

Même divisée, Chypre est pourtant devenu membre de l'UE en mai, et l'entrée en vigueur de l'acquis communautaire a été suspendue dans le nord. Pour les Turcs, l'Europe porte la responsabilité d'avoir accepté en son sein une île divisée et doit oeuvrer pour lever les sanctions économiques et politiques qui frappent de longue date la RTCN. Les Etats européens estiment de leur côté que si la Turquie souhaite adhérer à la «famille» européenne, elle doit logiquement s'engager à normaliser ses liens avec l'un de ses membres.



Publicado por esta às dezembro 17, 2004 02:05 PM