« Raffarin : temps de travail et Europe, priorités en 2005 | Entrada | Bruxelas veta fusão da electricidade e do gás »

dezembro 09, 2004

Barroso promet une levée de l'embargo sur la Chine en 2005

Fonte: Le Figaro

Barroso promet une levée de l'embargo sur la Chine en 2005
Lors du sommet Europe-Chine qui s'est tenu hier à La Haye, l'UE a fait savoir qu'elle veut «continuer à travailler vers une levée de l'embargo sur les armes à destination de Pékin».
La Haye : de notre envoyée spéciale Alexandrine Bouilhet
[09 décembre 2004]


Les Chinois n'ont pas totalement perdu leur temps à La Haye. Dans une déclaration écrite, l'Union européenne a confirmé, hier, «sa volonté politique de travailler en direction de la levée de l'embargo». Un engagement prudent, «sans date, ni garantie», comme le souligne Jan Peter Balkenende, président en exercice de l'Union. S'il n'y avait eu que cela, Wen Jiabao, le premier ministre chinois, aurait eu le sentiment d'avoir fait le voyage pour rien. «Dix heures trente minutes d'avion, sept heures de décalage horaire, et je n'ai pas fermé l'oeil pendant toute une journée», rappelle-t-il. «Tout cela pour un sommet de deux heures quarante-cinq...».


Mais l'Europe a trop besoin de la Chine, devenue son second partenaire commercial, pour la laisser dans une impasse aux Pays-Bas. La récompense attendait Wen Jiabao à l'hôtel à La Haye en la personne de José Manuel Barroso. Avant le sommet, le président de la commission s'est entretenu pendant une heure avec le premier ministre chinois. D'après les diplomates, José Barroso a promis à Wen Jiabao que l'embargo européen serait levé «au cours de l'année 2005». S'excusant presque de ce délai, le président de la commission a expliqué les subtilités des institutions européennes, les sensibilités des pays nordiques sur les droits de l'homme, les problèmes soulevés par le parlement européen, qui s'est opposé, dans une résolution le 17 novembre, à la levée de l'embargo.


Ces assurances au plus haut niveau ont apaisé le dirigeant chinois, arrivé très agacé à La Haye. «Jusqu'à la dernière minute, les experts de Pékin ont bataillé pour obtenir une levée des sanctions lors du sommet. Quand ils ont compris que c'était impossible, ils se sont énervés. Sans un signal fort, le sommet se serait mal passé», raconte un négociateur.

La pression retombée côté chinois, la rencontre s'est déroulée sans anicroches. Plusieurs accords techniques et commerciaux ont été signés, dont un traité de non-prolifération, un texte sur l'usage pacifique du nucléaire, et un engagement douanier.


«Ce fut un sommet fructueux et positif qui nous a permis d'approfondir notre compréhension mutuelle», s'est félicité Wen Jiabao. Usant et abusant des maximes de Confucius et des poèmes chinois, le dirigeant chinois a tenté de minimiser les points de désaccord avec les Européens. «Il y a bien sûr des divergences, des différences culturelles ou historiques, mais pas de conflits d'intérêts fondamentaux», estime-t-il. «Nous sommes dans le même bateau», a-t-il ajouté.


A l'entendre, l'embargo sur les armes imposé par l'Europe en 1989, à la suite de la répression de Tiananmen, freine le «partenariat stratégique» entre les deux géants commerciaux. «Cela ne correspond plus à la réalité de notre relation», affirme-t-il. Alors que les marchands de canons européens ont déjà préparé les bons de commandes, Wen Jiabao assure que son pays «n'est pas disposé à acheter des armes en grande quantité». La levée de l'embargo, résume-t-il, «c'est la fin de la discrimination politique à l'égard de la Chine». Conscient des pressions exercées par Washington sur les Etats membres, Wen Jiabao assure que la fin des sanctions profitera «aux deux parties uniquement sans compromettre les intérêts de pays tiers».


Prié de patienter jusqu'à l'année prochaine, pour des raisons qui lui paraissent obscures, le premier ministre chinois ne s'est pas privé de faire la leçon aux dirigeants de l'Union.


«Il faut savoir monter tout en haut de la montagne pour avoir un panorama plus large, et comprendre les enjeux stratégiques. Plusieurs dirigeants européens y sont déjà parvenus», explique-t-il. «Nous sommes convaincus que l'Union grimpera bientôt au sommet.» En attendant, la Chine ne s'est pas vraiment engagée à faire des efforts concrets pour les droits de l'homme. La délégation venue de Pékin a expliqué qu'il lui fallait encore «du temps» pour ratifier la convention internationale sur les droits civiques et politiques.


Elle a passé sous silence la libération des prisonniers de Tiananmen, exigée par certains Etats membres. Pour la lutte contre l'immigration clandestine, la Chine s'est simplement engagée à travailler sur l'accord de réadmission. Sans promesses précises. La fin des quotas sur le textile chinois, le 1er janvier, risque de poser de sérieux problèmes aux pays émergents. «Nous verrons en temps voulu s'il y a des mesures à prendre», ont rétorqué les ministres chinois. Si l'Europe demande «plus de temps» pour décider la levée de l'embargo, la Chine, elle aussi, sait jouer sur le temps.


Publicado por esta às dezembro 9, 2004 03:09 PM