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dezembro 17, 2004

Ankara rassuré par l'engagement du président français

Fonte: Le Figaro

Ankara rassuré par l'engagement du président français

Istanbul : Marie-Michèle Martinet

La presse turque a réservé un accueil chaleureux et unanime aux propos du président Chirac qui, en réaffirmant sa position en faveur de la candidature d'Ankara, a rassuré une opinion passablement inquiète. Le quotidien libéral Milliyet saluait hier matin les déclarations qualifiées d'«historiques» du chef de l'Etat français. Le journal de la gauche modérée Radikal renchérissait : «Chirac a été très net», soulignait le quotidien, tandis que Vatan et Hürriyet le gratifiaient d'un indiscutable «merci, monsieur», qui en dit long sur le soulagement de la Turquie à propos de l'attitude de la France.


Le journal Hürriyet et le quotidien allemand Bild publiaient également hier une lettre ouverte du premier ministre turc. Sur un ton assez solennel, teinté d'émotion, Recep Tayyip Erdogan a voulu, avant de s'envoler pour Bruxelles, adresser ce dernier message à ses «amis européens». Au moment où l'avenir de son pays est en train de se jouer pour longtemps, il rappelle les liens anciens qui unissent déjà l'Europe et la Turquie : «Mon peuple, écrit Recep Tayyip Erdogan, qui hier, dans le cadre de l'Otan, a envoyé ses enfants au péril de la mort combattre coude à coude avec les enfants de l'Europe pour défendre les principes de démocratie et de liberté, aspire aujourd'hui à vivre sous le même toit que ses amis européens pour ces mêmes principes.»


Pour tenter de dissiper les craintes qui persistent en Europe, concernant notamment un éventuel afflux de travailleurs turcs non qualifiés, le chef du gouvernement turc explique que «la contribution de la Turquie au progrès de l'Union européenne sera le cerveau et non les muscles». Et que la «diversité dans l'unité» est un principe directeur de l'Union ; y compris la diversité religieuse : «La façon de montrer que l'Union européenne n'est pas un club chrétien est une adhésion de la Turquie», lançait-il encore hier matin, comme un défi, dans les colonnes du journal Milliyet. Et pas question d'une adhésion au rabais. Dans ce cas, il menace, comme il l'a déjà fait, de se retirer du jeu.


Dans la même tonalité, en plus musclé, que son ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, qui avait expliqué que «la Turquie n'acceptera pas une injustice», Recep Tayyip Erdogan a clairement menacé mercredi de geler la candidature de son pays, si des «conditions inacceptables» lui sont imposées : «Si l'on nous impose des conditions que nous ne pouvons accepter, alors nous mettrons cette affaire dans le réfrigérateur et nous poursuivrons notre chemin... Ce ne sera pas la fin du monde.» Parmi les préoccupations d'Ankara, Recep Tayyip Erdogan a cité les éventuelles «clauses de sauvegarde permanente» qui représentent, selon lui, une épée de Damoclès insupportable. La Turquie veut se situer dans la perspective d'une adhésion pleine, sans ambiguïtés, assortie de conditions clairement définies dès le départ, excluant tout processus ouvert assorti de dérogations.


Au nombre des conditions inacceptables, la Turquie avait inscrit l'obligation qui lui serait faite de reconnaître la république de Chypre. Le président chypriote, Tassos Papadopoulos, a menacé à plusieurs reprises d'utiliser son droit de veto si la Turquie refuse de se soumettre à cette volonté de l'Union. Cependant, le premier ministre turc a déclaré hier soir que cette question serait «résolue» avant la fin du sommet de Bruxelles. Dans le même temps, la Bourse turque a affiché son optimisme en battant hier un nouveau record historique.

Publicado por esta às dezembro 17, 2004 04:23 PM