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dezembro 21, 2004
Invité par l'UE, Ankara prône un plan pour Chypre, sous l'égide de l'ONU
Fonte: Le Monde
L'Union européenne a invité Ankara à entamer, le 3 octobre 2005, des négociations d'adhésion, à condition qu'il fasse un geste diplomatique en faveur de la République de Chypre, membre de l'UE, qu'il ne reconnaît pas.
La Turquie est prête à soutenir tout nouvel effort sous les auspices des Nations unies pour résoudre le conflit de Chypre, un obstacle majeur à ses aspirations européennes, a affirmé, lundi 20 décembre, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.
Lors d'un entretien à la chaîne privée CNN-Turk, M. Erdogan a indiqué que son gouvernement soutiendrait de nouvelles discussions sur Chypre sur la base d'un plan de réunification proposé par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. "Cela sera utile pour relancer le processus de paix", a-t-il dit.
Mardi, le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, dont le pays préside l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, a invité Turcs et Chypriotes à reprendre les pourparlers de paix en utilisant les "bons offices" du secrétaire général de l'ONU. "Je pense que les personnes concernées devraient utiliser les bons offices du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a présenté vendredi sa disponibilité", a indiqué M. Balkenende devant le Parlement européen.
RECONNAÎTRE CHYPRE
Kofi Annan avait affirmé vendredi en marge du sommet de Bruxelles qu'il n'avait "pas de plan" pour le moment "pour raviver les discussions" sur une réunification de Chypre, tout en se disant "disponible" pour une mission de "bons offices".
Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gül, avait indiqué dimanche que le plan de Kofi Annan était toujours d'actualité pour la Turquie, qui souhaite une solution à la question avant l'ouverture de ses négociations d'adhésion avec l'UE, le 3 octobre 2005.
M. Balkenende a cependant rappelé que la Turquie devra signer d'ici le 3 octobre l'extension de son accord douanier avec l'UE aux dix nouveaux Etats membres, dont Chypre, conformément à l'accord intervenu au sommet de Bruxelles vendredi.
Recep Tayyip Erdogan avait précisé, lundi, que la Turquie commencerait à discuter de la question avec la Commission européenne début 2005.
PLUSIEURS TENTATIVES ONT ÉCHOUÉ
Le sommet européen de Bruxelles a failli capoter quand les dirigeants européens ont demandé à Ankara de reconnaître l'administration chypriote-grecque (sud), ce que la Turquie a refusé de faire, au moins jusqu'en octobre prochain, moment où elle devra élargir un protocole datant de 1963 aux nouveaux membres du club européen, y compris la République de Chypre. Pour la Turquie, cela ne signifiera pas une reconnaissance.
La Turquie est le seul pays au monde à reconnaître la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée en 1983), où sont déployées quelque 30 000 troupes turques. Chypre est divisée depuis une intervention militaire turque en 1974, en réponse à un coup d'Etat chypriote-grec visant, avec le soutien de la junte alors au pouvoir à Athènes, à rattacher l'île à la Grèce.
Plusieurs tentatives internationales de réunifier l'île ont échoué. La dernière remonte au début de cette année, lorsque les Chypriotes grecs ont massivement rejeté le plan Annan lors du référendum organisé le 24 avril dans les deux parties de l'île. En revanche, les Chypriotes turcs l'ont approuvé.
Avec AFP et Reuters
Publicado por esta às dezembro 21, 2004 02:51 PM