« Le Premier ministre irakien à la table des Européens à Bruxelles | Entrada | Euro perto de novo máximo face ao dólar »

novembro 05, 2004

UE : Barroso remanie sans rien bouleverser

[Fonte:Liberation]
Seulement deux commissaires contestés sont exclus de sa nouvelle Commission.

Par Jean QUATREMER
vendredi 05 novembre 2004 (Liberation - 06:00)
Bruxelles (UE) de notre correspondant


José Manuel Barroso fait de la résistance et remanie sa Commission a minima. Hier soir, le président élu de la Commission a annoncé, huit jours après avoir été retoqué par les eurodéputés, la nouvelle composition de son collège de 24 commissaires. Les deux seuls commissaires à faire les frais de la crise sont le démocrate-chrétien italien Rocco Buttiglione, pour ses propos jugés homophobes et misogynes, et la Lettone eurosceptique Ingrida Udre, impliquée dans une affaire de financement de parti politique.

En revanche, tous les autres commissaires contestés conservent leur portefeuille. La libérale néerlandaise Neelie Kroes reste à la Concurrence, la Danoise Mariann Fischer Boel à l'Agriculture et le Grec Stravos Dimas à l'Environnement. Seul le socialiste hongrois Laszlo Kovacs, taxé d'incompétence par les eurodéputés, est déplacé et passe de l'Energie à la Fiscalité et l'Union douanière, son ancien portefeuille allant au nouveau commissaire letton, Andris Piebalgs. Enfin, le maroquin de Buttiglione, la Justice et les Affaires intérieures, reste entre des mains italiennes, Barroso ayant accepté d'y propulser Franco Frattini, l'actuel ministre des Affaires étrangères de Silvio Berlusconi.

Au final, Barroso n'a pas eu le courage de faire le grand ménage au sein de sa Commission et d'affronter les Etats membres. De ce point de vue, le maintien de Neelie Kroes à la Concurrence est emblématique : le gouvernement néerlandais a exigé qu'elle reste à son poste. Or le Parlement a sévèrement critiqué les risques de conflits d'intérêt potentiels impliqués par la présence de cette femme d'affaires dans plusieurs conseils d'administration de grandes entreprises. Le fait qu'elle ait démissionné de tous ses mandats le 1er septembre ne change rien à l'affaire : elle s'est d'ailleurs engagée à se retirer de tous les dossiers impliquant de près ou de loin l'une de ses anciennes sociétés... On peut se demander s'il n'aurait pas été plus simple de l'affecter à un autre poste. Mais, pour cela, il aurait fallu se fâcher avec La Haye. Même chose pour les autres commissaires contestés. Ainsi, il est étonnant que Rome ait réussi à conserver la Justice, alors même que le gouvernement de Silvio Berlusconi a tout fait pour torpiller le mandat d'arrêt européen ou freiner la coopération judiciaire pénale...

Il est vrai qu'il n'a pas été aidé dans sa tâche par ses actuels commissaires. Jacques Barrot, qualifié par l'eurodéputé UDF Jean-Louis Bourlanges de «préretraité unilingue», après avoir refusé le poste de la Justice, a ainsi fait savoir qu'il ne voulait pas quitter les Transports, pourtant un strapontin. L'Elysée aurait souhaité que Barrot se démène pour obtenir le poste stratégique du Marché intérieur, actuellement entre les mains d'un libéral irlandais, ce que Barroso aurait eu du mal à lui refuser.

En dépit de cette opération largement cosmétique, Barroso espère «un plébiscite» du Parlement européen. On peut en douter, même s'il est certain, cette fois, d'obtenir une majorité.


Publicado por esta às novembro 5, 2004 10:55 AM