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novembro 30, 2004
Trois questions à Solomon Passi
Fonte: Le Monde
La Bulgarie est bien placée pour adhérer à l'Union européenne en janvier 2007 comme prévu. Cela est moins vrai pour la Roumanie, dont l'adhésion doit avoir lieu au même moment. Ministre des affaires étrangères de la République de Bulgarie, est-ce que le retard pris par votre voisin roumain vous inquiète ?
Notre intérêt, c'est que nos deux pays avancent.
Nous espérons sincèrement que nos voisins roumains vont boucler au plus vite leurs chapitres de négociations. Quant à freiner notre adhésion, nous espérons qu'il n'en sera rien. Les négociations conduites avec l'Union se déroulent selon des principes bien définis, chaque pays étant évalué à la mesure de ses propres progrès. C'est un principe juste qui a servi de base à l'adhésion des pays-membres et s'applique, bien sûr, aux futurs adhérents. Ceux qui viennent après nous, la Croatie, la Turquie, mais aussi la Macédoine et l'Albanie, doivent comprendre que leurs progrès dépendent d'eux seuls.
On sent un intérêt particulier des Bulgares pour l'Ukraine. Pensez-vous qu'un jour, cette République ex-soviétique pourrait avoir vocation à rejoindre l'Union ?
Vous savez, il y a quinze ans, en 1990, lorsque, pour la première fois, l'idée de l'appartenance de la Bulgarie à l'Union européenne et à l'OTAN fut évoquée au sein de notre parlement, rares étaient ceux qui pensaient que ces objectifs étaient réalisables. Or voilà qu'en quinze ans, le monde a prouvé qu'il pouvait se développer plus vite que nous le pensions. Et c'est la même chose à l'heure actuelle. Ce qui nous semble impossible aujourd'hui finira peut-être par se réaliser demain. Je suis persuadé que l'Union européenne, à 27 pays, s'ouvrira encore à l'adhésion d'autres membres. Je pense tout particulièrement aux pays des Balkans et à ceux de la Mer noire et du Caucase. J'en suis sûr, l'élargissement de l'OTAN prendra la même direction.
La Russie s'apprête à faire en décembre de nouvelles propositions sur le fonctionnement de l'OSCE, dont la Bulgarie assure la présidence tournante. S'agit-il, comme on le dit, d'une sécurité renforcée et d'une attention moindre portée aux droits de l'homme ?
L'un ne peut se faire au détriment de l'autre. L'OSCE ne renoncera pas à ses fonctions de départ, soit la sauvegarde des droits de l'homme. Mais il nous faut absolument mettre en place un nouveau dispositif pour répondre aux nouveaux dangers. A sa création, en 1975, le terrorisme mondial n'existait pas. De toute évidence, l'OSCE devra s'adapter à ces nouvelles réalités.
Propos recueillis par Marie Jégo
Publicado por esta às novembro 30, 2004 03:16 PM