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novembro 25, 2004
Pologne, Hongrie et Estonie se rangent aux côtés de l'opposition
Fonte: Le Monde
Les "Nouveaux Européens" ont été les premiers à réagir vivement à la crise ukrainienne en apportant un soutien bruyant à l'opposition ukrainienne. Pologne, Hongrie et Estonie, anciens pays satellites de l'URSS ou République soviétique, et qui entretiennent depuis des relations houleuses avec la Russie, ont dès lundi dénoncé les fraudes massives lors du deuxième tour de la présidentielle et appelé le pouvoir du président Leonid Koutchma à en réviser les résultats.
La crise ukrainienne aura peut-être le mérite de clarifier la politique des autorités polonaises actuellement au pouvoir vis-à-vis de leur voisin. La diplomatie polonaise milite depuis des mois en faveur de l'entrée de l'Ukraine au sein de l'Union européenne. Mais elle a souvent donné l'impression qu'elle considérait que cette perspective, de toute façon lointaine, pouvait s'accommoder d'une certaine tolérance vis-à-vis du régime de Leonid Koutchma.
Ces derniers jours cependant les réactions sont sans ambiguïtés, y compris de la part d'Alexander Kwasniewski. Le chef de l'Etat polonais a souligné mardi que son pays avait "toujours considéré l'élection présidentielle comme un examen pour la démocratie ukrainienne et la crédibilité de l'Ukraine face à ses partenaires dans le monde. Malheureusement, nous ne pouvons considérer cet examen comme satisfaisant".
MANIFESTATIONS DE SOUTIEN
Pour sa part, le ministre des affaires étrangères, Wlodzimierz Cimoszewicz, a dit attendre "que les institutions ukrainiennes, en coopération avec des organisations telles l'OSCE, revoient et vérifient tous les résultats de l'élection et le déroulement du scrutin présidentiel". Pourtant, par le passé, le président polonais s'est souvent fait l'avocat de son ami et homologue ukrainien. Notamment lorsque Leonid Koutchma essuyait les foudres américaines qui l'accusaient d'avoir violé l'embargo international en permettant la vente d'équipements militaires ukrainiens sophistiqués à l'Irak de Saddam Hussein en 2002.
Au cœur même de la crise actuelle, l'ancien conseiller du président Kwasniewski jusqu'en mai 2004 et actuel député européen, Marek Sywiec, avait soulevé un tollé dans la presse polonaise en minimisant l'ampleur des fraudes électorales lors du premier tour de la présidentielle en Ukraine. Marek Sywiec conduisait alors la délégation des observateurs du Parlement européen.
L'opinion publique polonaise suit également avec attention l'évolution de la situation. Plusieurs manifestations de soutien à l'opposition ont été organisées à Varsovie ces derniers jours. L'Ukraine compte une minorité polonaise, de même que la Pologne des Ukrainiens. Sans compter la forte immigration d'Ukrainiens traversant la frontière pour venir travailler.
La presse polonaise était unanime mardi à dénoncer la fraude électorale, et appelait le monde occidental à se "réveiller". "L'Occident, dont la Pologne, devrait se prononcer clairement du côté des forces démocratiques et prévenir les autorités ukrainiennes que les résultats falsifiés de l'élection ne seront pas respectés", écrivait le quotidien libéral Rzeczpospolita.
L'Estonie a appelé l'Union européenne à réagir rapidement face à cette élection qui "ne répond pas aux normes internationales d'un scrutin démocratique". La Hongrie a également dénoncé les "fraudes et votes multiples", le porte-parole du ministère hongrois des affaires étrangères précisant : "cela a été confirmé par nos treize observateurs".
Ancien satellite de l'URSS et aspirant à l'UE, la Roumanie s'est déclarée "intéressée à ce que son voisin de l'Est s'engage sur une voie démocratique et européenne".
Publicado por esta às novembro 25, 2004 09:50 AM