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novembro 04, 2004
L'UE en sommet à Bruxelles au lendemain de réélection de Bush
Les dirigeants européens se retrouvent jeudi soir à Bruxelles pour un sommet où la situation internationale, notamment la santé de Yasser Arafat, et la nouvelle donne transatlantique après la réélection du président américain George W. Bush risquent d'occulter tout autre thème.
Des nouvelles contradictoires circulaient jeudi midi sur l'état de M. Arafat, hospitalisé près de Paris. Le président palestinien "n'est pas inconscient et n'est pas dans le coma", a assuré son principal conseiller, Nabil Abou Roudeina. Une source proche de la délégation à son chevet avait auparavant annoncé que M. Arafat était "inconscient depuis plusieurs heures".
La dégradation de l'état de santé de Yasser Arafat survient sur fond de peur des Européens d'un vide dans les territoires palestiniens au moment où Israël se prépare à se retirer de Gaza. Au lendemain de la reconduction de M. Bush à la Maison Blanche, les Vingt-Cinq devraient aussi réaffirmer à Bruxelles l'importance des relations transatlantiques et la nécessité de les renforcer après les tensions de la guerre en Irak.
Président en exercice de l'UE, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a souligné mercredi les "valeurs communes" qui font des Américains et des Européens "des partenaires naturels et indispensables". "Ces liens... sont vitaux au maintien de la paix dans le monde sur la base de principes et de valeurs partagés de façon multilatérale", a renchéri le patron de la Commission sortante Romano Prodi, dans un appel implicite à l'abandon par Washington de sa doctrine unilatéraliste.
Le Premier ministre irakien Iyad Allaoui, qui sera l'hôte du sommet pour un déjeuner de travail vendredi, a appelé les "pays spectateurs" de la guerre en Irak à contribuer à la démocratisation du pays. "Je veux... leur demander leur soutien pour reconstruire un Irak meilleur", a-t-il déclaré à Rome jeudi. Les dirigeants européens devraient néanmoins rester prudents. Ils confirmeront un ensemble de mesures d'aides à l'Irak comprenant un soutien financier accru (30 millions d'euros de plus) pour les élections prévues début 2005, et la perspective à long terme d'un accord de coopération commerciale.
Mais l'UE conditionnera ses engagements à la situation sécuritaire. Ce plan européen s'apparente au minimum acceptable pour les Etats membres, entre ceux qui ont soutenu la guerre et veulent afficher la présence de l'UE dans le pays, et ceux qui comme la France, l'Allemagne ou l'Espagne veulent rester prudents. Le président français Jacques Chirac n'assistera pas vendredi midi à la rencontre avec M. Allaoui, pour se rendre à Abou Dhabi. Le Premier ministre irakien a accusé Paris ces derniers jours de "vivre dans le passé" en Irak.
Avant d'aborder le dossier irakien, les dirigeants des 25 devaint plancher jeudi sur l'état de l'économie européenne, très en retard sur les objectifs de la "stratégie de Lisbonne" qui vise à faire d'elle la plus compétitive au monde d'ici 2010, selon un rapport de l'ancien Premier ministre néerlandais Wim Kok.
En marge de la réunion, le président de la future Commission européenne José Manuel Durao Barroso devrait tenter de boucler le remaniement de son équipe, recalée la semaine passée face à l'hostilité du Parlement européen au commissaire italien Rocco Buttiglione. Le départ de M. Buttiglione, auteur de propos jugés machistes et homophobes, et d'une autre commissaire contestée, la Lettonne Ingrida Udre, ont dégagé la voie pour sceller une crise à laquelle les eurodéputés eux-mêmes souhaitent mettre fin. M. Barroso a laissé entendre jeudi midi qu'il n'attendait plus que la désignation par l'Italie de son nouveau représentant pour proposer un nouveau collège. Le nom qui revient le plus souvent est celui du chef de la diplomatie de Rome, Franco Frattini.
Publicado por esta às novembro 4, 2004 02:20 PM