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novembro 12, 2004
L'Europe à paysages découverts
[Fonte:Liberation]
Environnement. Destiné aux experts, un outil à partir d'images satellite sur l'occupation des sols.
L'Europe à paysages découverts
Par Alexandra SWARTZBROD
vendredi 12 novembre 2004 (Liberation - 06:00)
Progression des autoroutes, fragmentation de la terre, extension des villes, diminution des ressources naturelles, dégradation des écosystèmes, fonte des glaciers... plus rien n'échappera désormais à l'oeil des experts européens. Le 17 novembre, l'Agence européenne de l'environnement (EEA), organe de l'UE basé à Copenhague, présentera à Bruxelles les résultats de son programme Corine (pour COoRdinate INformation on the Environment), qui, à partir d'images prises par satellites et de cartes topographiques, permet de voir concrètement l'évolution de l'occupation des sols en Europe.
Destiné aux décideurs politiques et économiques, cet outil offre l'inventaire transnational détaillé de toutes les caractéristiques des paysages, selon une nomenclature de quarante-quatre postes : zones d'urbanisation, marais intérieurs ou marais maritimes, forêts et milieux semi-naturels, plans d'eau, zones humides, terrains cultivés etc. Un travail étonnant qui révèle d'«énormes changements» sur la période 1990-2000 si l'on en croit Jacqueline McGlade, responsable de l'Agence européenne de l'environnement.
Corine montre en effet à quel point les activités humaines peuvent influer sur l'évolution d'un paysage.
Glaciers alpins. Le réchauffement du climat (provoqué notamment par les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés) a ainsi des conséquences directes sur les glaciers alpins qui, depuis 1980, ont perdu de 20 à 30 % de leur glace. Selon l'Agence européenne de l'environnement, il est probable que ceux-ci auront diminué de moitié d'ici à 2035... c'est-à-dire demain.
Autre exemple, le développement des infrastructures routières. En Estonie, le nombre de voitures particulières a plus que triplé ces vingt dernières années. On imagine ce que cela représente pour l'évolution du paysage, de plus en plus dévoré par les routes, et donc pour les habitats. Le programme Corine est ainsi utilisé par Tallinn pour étudier le développement d'une série de «corridors verts» à travers le pays qui permettrait de concilier trafic automobile et préservation des espèces animales. Plus généralement, il donne une indication très claire de l'urbanisation croissante de l'Europe. Tout au long des années 90, des zones entières se sont peu à peu bétonnées, aux Pays-Bas, en Allemagne de l'Est, en Irlande et en Italie. Dans ce dernier pays, c'est plus de la moitié des côtes qui sont désormais artificialisées.
Autre usage de cet outil : cartographier l'impact des catastrophes écologiques. De très nombreux écosystèmes côtiers ont été détruits par le naufrage du Prestige en 2002. Plus de 1 000 plages ont été souillées par le pétrole en Espagne et 20 % d'entre elles le seraient encore. Corine permet de suivre leur évolution au jour le jour.
Selon Ronan Uhel, chargé de l'analyse spatiale à l'EEA, le phénomène de fragmentation de la terre est une véritable «bombe à retardement pour l'Europe». Selon lui, les modifications des territoires se font «lentement» mais elles sont «irréversibles».
Publicado por esta às novembro 12, 2004 11:28 AM