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novembro 16, 2004
L'Eurogroupe se contente de déplorer la «volatilité excessive» des changes
[Fonte: Les Echos]
Les ministres des Finances ont admis l'idée, avancée par la France, de redistribuer aux ménages les plus modestes les surplus fiscaux liés à la hausse des prix du brut
Réunis à Bruxelles lundi soir pour ébaucher une réaction à la chute du dollar, les ministres européens des Finances de la zone euro se sont contentés de dénoncer la «volatilité excessive» des monnaies, sans publier de déclaration commune. «Les fluctuations récentes de l'euro» ne sont pas «les bienvenues» et «la volatilité excessive des taux de change est indésirable», a affirmé le ministre néerlandais des Finances, Gerrit Zalm, dont le pays préside l'Union européenne. Les grands argentiers «n'ont rien demandé à la Banque centrale européenne sur ce point», a-t-il encore affirmé au grand dam de certains pays comme l'Italie, dont le ministre des Finances, Domenico Sinisalco évoquait la semaine dernière la possibilité d'une «intervention coordonnée» des banques centrales pour tenter de freiner la chute du dollar.
Mais la plupart des responsables des douze pays composant la zone euro sont sans illusion et savent que les marges de manoeuvre sont limitées. Le secrétaire américain, John Snow, rejette la responsabilité de la faiblesse du billet vert sur l'Europe, à l'économie trop rigide et à la croissance insuffisante, et les cambistes ne croient pas non plus à une intervention unilatérale de la BCE, alors que l'euro continue de flirter avec le seuil symbolique de 1,30 dollar. Pour l'instant, l'institut monétaire européen, seule habilité à agir, s'est contenté de calmer les marchés par des mises en garde verbales.
Autre sujet d'actualité abordé par les grands argentiers : la flambée des cours de l'or noir. Après être apparus divisés sur le sujet le mois dernier, les ministres sont parvenus à s'accorder lundi soir. Pour limiter les conséquences négatives de la hausse du prix du brut, les ministres des Finances des Douze ont adopté une déclaration commune dans laquelle ils s'engagent à mener des politiques «coordonnées». «La poursuite et le renforcement du dialogue avec les grands producteurs de pétrole aideraient à la transparence des marchés pétroliers» et à «l'investissement en matière d'exploration pétrolière», peut-on lire dans cette déclaration qui plaide aussi pour «des sources alternatives d'énergie» et des «politiques d'économies d'énergie».
Les ministres se sont aussi entendus sur la possibilité de mettre en place des mesures ciblées de court terme en faveur des couches les plus pauvres de la population afin d'atténuer «des prix plus élevés du pétrole». Mais à une condition : ces mesures ne doivent pas mettre en cause «le cadre politique général agréé par l'Eurogroupe». Le ministre des Finances français, Nicolas Sarkozy s'est aussitôt félicité de ce feu vert des grands argentiers à des mesures spécifiques en faveur des personnes les plus modestes. «Nous sommes arrivés à un compromis qui donne satisfaction aux demandes de la France», a-t-il dit. En conséquence, l'hôte de Bercy a indiqué qu'il allait proposer au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin de consacrer un éventuel surplus des recettes fiscales lié à la hausse des prix pétroliers à une revalorisation du minimum vieillesse. Jusqu'ici, Bruxelles s'opposait à cette idée estimant que cette manne n'existait pas puisque «les revenus des Etats seront vraisemblablement affectés négativement par la flambée du prix du pétrole». Le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, a enfoncé le clou lundi soir jugeant «difficile qu'il y ait une cagnotte à distribuer» en raison de l'impact négatif des prix du brut «sur l'économie et sur les recettes publiques».
Quant à l'Eurofin, réunissant les ministres des Finances des vingt-cinq pays composant l'Union européenne mardi matin, ils ont débattu de la réforme du Pacte de stabilité sans qu'aucune décision n'ait été prise. Après avoir discuté à partir des propositions de la Commission européenne, ils ont décidé de reprendre le débat en janvier prochain. L'application du Pacte de stabilité est en panne depuis le gel il y a un an de ses procédures par les grands argentiers européens pour éviter des sanctions à la France et à l'Allemagne en déficits excessifs. En attendant, le processus se poursuit. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, a annoncé qu'il allait proposer dans «les prochaines semaines» à la nouvelle Commission européenne d'«évaluer» la situation budgétaire de la France et de l'Allemagne pour 2005 et de décider en conséquence de la suite de la procédure à leur encontre.
Publicado por esta às novembro 16, 2004 05:07 PM