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novembro 30, 2004
Les socialistes européens interviennent pour le "oui"
Fonte: Le Monde
"Le débat des socialistes français sur le traité constitutionnel n'est pas un débat franco-français, il s'agit d'un débat qui concerne tous les Européens, toute la gauche européenne" : cette déclaration de guerre aux partisans français du "non" à la Constitution a été cosignée par les 21 chefs des délégations nationales du groupe socialiste du Parlement européen, jeudi 25 novembre.
Accusés de se mêler de ce qui ne les regarde pas, ces socialistes européens persistent et signent : "La décision des militants de la plus grande force politique française aura des conséquences pour toute l'Europe", expliquent-ils, en appelant à voter pour le traité, "parce qu'il est bon pour l'Europe et bon pour la gauche".
Les opposants français au projet de Constitution ont pourtant reproché à Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen, d'être intervenu en faveur du "oui", en France, à Montbéliard, en septembre. Leurs onze eurodéputés ont ensuite protesté contre le fait que le président du groupe socialiste européen, Martin Schulz, ait organisé un vote sur cette question, à Bruxelles, le 10 novembre, sans attendre le résultat de la consultation interne au PS français, prévue le 1er décembre.
"MANQUER À L'ÉTHIQUE"
Ces onze opposants ont envoyé à M. Schulz copie d'une lettre très sèche adressée à leur président de délégation, Bernard Poignant, dans laquelle ils demandent notamment : "Qu'est-ce qui justifiait un tel vote, (...) si ce n'est la volonté d'instrumentaliser le débat du groupe socialiste européen au service des partisans du "oui" en France ?"
Ils indiquent qu'ils ont refusé de prendre part à ce vote, dans l'attente du résultat du 1er décembre, et ils reprochent aux partisans du "oui" d'avoir "manqué à cette éthique". M. Poignant leur a répondu qu'il a "respecté la règle que la délégation s'est fixée en septembre", et qui veut que "chacun soit libre de son vote sur la Constitution". Il estime en outre que le groupe européen n'avait pas à "épouser le calendrier français".
L'anglais Richard Corbett, corapporteur socialiste du Parlement européen sur le projet de traité, qu'il appelle à approuver, lors du vote qui sera organisé en janvier 2005 à Strasbourg, a répondu par écrit à leurs objections, le 18 novembre. Il remarque que "la question n'est pas de savoir" si le texte de la Constitution adopté par les chefs d'Etat et de gouvernement "constitue un recul par rapport au texte élaboré par la Convention", comme l'a affirmé Marie-Noëlle Lienemann, mais "s'il représente un progrès ou un recul par rapport aux traités en vigueur" : "Et là il n'y a aucun doute à avoir, car la nouvelle Constitution ne contient que des avancées...", précise-t-il.
M. Corbett qualifie d'"insensé" un amendement des opposants français qui "regrette que la Constitution interdise la pleine réalisation de l'Europe sociale" : "Au contraire, je pense que la Constitution renforce la capacité de l'Union à réaliser l'Europe sociale", affirme-t-il, en rappelant qu'elle "donne une force juridique contraignante à la Charte des droits fondamentaux", qui prévoit le droit syndical et le droit de grève, et qu'elle "introduit le concept d'économie sociale de marché".
Le travailliste anglais proteste au passage contre une certaine anglophobie : "J'ai vu un texte d'un collègue du PS français qui déplore le fait que de nombreux amendements contenus dans la version finale de la Constitution venaient du gouvernement britannique, écrit-il. On peut s'opposer à ces amendements sur le fond, mais les condamner pour la seule raison qu'ils sont britanniques est une attitude quasiment raciste", s'indigne-t-il.
Raphaële Rivais
Publicado por esta às novembro 30, 2004 03:22 PM