« ECB chief Trichet warns euro is not an EU shortcut for eastern Europe | Entrada | Les minoritaires du PS veulent faire la différence »
novembro 29, 2004
Les minoritaires du PS veulent faire la différence
Fonte: Le Figaro
Les minoritaires du PS veulent faire la différence
Elsa Freyssenet
[29 novembre 2004]
C'était leur anti-Madrid à eux. Samedi après-midi, alors que le premier secrétaire du PS François Hollande venait de quitter la capitale espagnole où il s'était affiché en compagnie de leaders sociaux-démocrates européens tous favorables à la ratification de la Constitution européenne, les minoritaires du Nouveau Parti socialiste et de Nouveau Monde tenaient, quai d'Austerlitz à Paris, leur dernier grand rassemblement avant le vote de mercredi. Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli avaient invité pour l'occasion des responsables d'organisations de jeunesse venus de Pologne, d'Allemagne et un député travailliste écossais.
Tous ont expliqué que la Constitution ne répond pas à leur désir de construire une Europe sociale. «Le parti travailliste ne s'est pas battu contre les valeurs de Thatcher en Grande-Bretagne pour les retrouver en Europe», a assuré l'élu de Glasgow Ian Davidson. Fort de ces quelques soutiens européens au camp du non, Arnaud Montebourg, l'un des chefs de file du NPS, a récusé «la peur de l'isolement» brandie par les «dramatiseurs» du camp du oui. Se référant aux conditions d'adoption de la Constitution de la Ve République, il a rappelé qu'«à l'époque, deux fous isolés sont montés à la tribune de la Chambre pour dire non. Ces deux fous avaient pour nom François Mitterrand et Pierre Mendes-France. Ils étaient isolés mais que n'ont-ils construit à partir de cet isolement !»
Entre les discours, la sono jouait la chanson du groupe La Grande Sophie, «Du courage», utilisée par le PS lors de la campagne européenne. Du courage, les minoritaires ont voulu s'en donner en répondant une nouvelle fois à leurs adversaires.
«Depuis le début, on nous parle de la crise. Cette crise, c'est uniquement la crise de nerfs de ceux qui craignent de perdre leur position de pouvoir», a lancé le député européen Vincent Peillon qui a opposé au «oui de résignation» un «non de la volonté». Alors que le camp du oui semble marquer des points ces derniers jours, Henri Emmanuelli a semblé un peu las : «J'espère que le non l'emportera, nous avons fait le maximum. Si par malheur, ce n'est pas le cas, sachez que le combat continuera», a-t-il déclaré. Estimant qu'il y a «2 000 à 3 000 voix de différence» entre les deux camps, le sénateur David Assouline a voulu motiver : «Il y a 3 700 sections socialistes en France, c'est-à-dire que la différence entre le oui et le non ne représente même pas un socialiste par section. Essayez tous de convaincre un militant avant mercredi.»
Soucieux de ne pas effrayer les adhérents sensibles au risque de crise au PS, les tenants du non ont évité toute référence à la situation interne de leur parti et toute attaque personnelle. A l'exception d'un dirigeant du Mouvement des jeunes socialistes, Emir Deniz. Revenant sur l'importance de l'échec «du 21 avril» 2002 pour les jeunes socialistes, il a ironisé : «Et aujourd'hui, on voit M. Jospin nous expliquer que pour gagner en 2007, il faut voter oui. Je veux bien mais j'espère que ce n'est pas M. Séguéla qui lui a donné ce conseil.»
Publicado por esta às novembro 29, 2004 02:28 PM