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novembro 05, 2004

Les Européens s'efforcent de maintenir une unité de façade sur l'Irak

Les Européens se sont efforcés de maintenir une unité de façade sur l'Irak au sommet de Bruxelles vendredi, malgré leur timide contribution à la reconstruction et l'absence de Jacques Chirac à leur rencontre avec le Premier ministre Iyad Allaoui.
Invité-vedette du sommet, le chef du gouvernement intérimaire de Bagdad a regretté de n'avoir pu s'entretenir avec le président français, mais a émis le souhait d'établir "une relation très positive avec la France".
M. Chirac a lancé une invitation au président irakien Ghazi al-Yaouar à se rendre en France, dans une tentative de couper court aux rumeurs de boycottage de M. Allaoui, avec lequel Paris entretient de mauvaises relations.
Deux jours après la réélection du président George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair a appelé ses pairs à reconnaître "une nouvelle réalité" et oeuvrer de concert avec Washington et Bagdad.
"Nous espérons avoir une relation très positive avec la France et tous les pays à l'avenir", a déclaré M. Allaoui. "Le passé, c'est le passé", a-t-il répété à plusieurs reprises en invitant tous les Européens à "repartir à zéro" en faisant définitivement une croix sur les divisions provoquées par la guerre en Irak.
"Le Premier ministre Allaoui a sa personnalité, il a parfois des propos qui peuvent séduire plus ou moins. Mais je n'ai aucun problème naturellement avec les autorités irakiennes", a lancé de son côté Jacques Chirac.
Il a assuré qu'il n'avait "jamais refusé" de rencontrer Iyad Allaoui, qu'il avait d'ailleurs vu en juin, au G8 de Sea Island (Etats-Unis).
Le président français avait choisi de quitter Bruxelles avant le déjeuner avec M. Allaoui pour présenter à Abou Dhabi les condoléances de Paris après le décès du président des Emirats arabes unis, cheikh Zayed ben Sultan al-Nahyane.
M. Chirac n'a pas voulu réagir aux propos tenus la veille par le Premier ministre irakien sur les "pays spectateurs" réticents à s'engager en Irak. Mais d'autres dirigeants ont marqué leur irritation.
"Je n'aime pas du tout l'expression "spectateur", a critiqué le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Nous contribuons à la reconstruction de l'Irak. Je ne crois pas qu'on puisse nous considérer comme des spectateurs", a renchéri le Suédois Goeran Persson.
"Il n'y a pas de spectateur, tout le monde s'engage d'une manière différente", a estimé Javier Solana, Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE.
"Ce que nous devons faire c'est regarder vers l'avenir, et oublier le passé", a insisté le chef de la diplomatie des Pays-Bas, Bernard Bot, dont le pays préside l'UE.
"Il est important que nous travaillions avec les Américains et bien sûr avec le gouvernement irakien pour apporter la stabilité à l'Irak", a martelé Tony Blair.
Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, a fait le voeu que M. Bush "investisse dans de bonnes relations avec les Européens" au cours de son second mandat.
Le sommet a adopté vendredi un plan d'aide à l'Irak comprenant un soutien financier accru (30 millions d'euros) pour la tenue des élections prévues en janvier 2005, l'offre d'une formation de cadres administratifs et policiers et celle à long terme d'une coopération commerciale.
Cet engagement s'apparente au plus petit dénominateur commun entre les partisans et les adversaires de la guerre.
Alors que le président palestinien Yasser Arafat se trouve entre la vie et la mort, les dirigeants européens ont exprimé dans une déclaration commune leur "solidarité envers le peuple palestinien en ce moment difficile".
"Ils peuvent être sûrs que l'Europe va continuer à faire tous les efforts pour que l'Etat palestinien devienne une réalité", a déclaré M. Solana.
Sur le plan interne, les Vingt-Cinq ont décidé de faire passer de l'unanimité à la majorité qualifiée leurs décisions en matière d'asile, d'immigration clandestine et de contrôle aux frontières.

Publicado por esta às novembro 5, 2004 05:09 PM