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novembro 19, 2004

Les eurodéputés disent enfin oui à Barroso

[Fonte:Liberation]
La Commission a été investie hier, dans la méfiance.

Par Jean QUATREMER
vendredi 19 novembre 2004 (Liberation - 06:00)
Strasbourg (UE) envoyé spécial


Au travail ! La Commission européenne présidée par José Manuel Durao Barroso va pouvoir débuter son mandat de cinq ans lundi, avec trois semaines de retard sur le calendrier prévu. Le Parlement européen lui a accordé, hier, l'investiture qu'il se préparait à lui refuser le 27 octobre, par 449 voix contre 149 et 82 abstentions, 52 députés n'ayant pas pris part au vote. C'est un succès pour l'ex-Premier ministre portugais, puisqu'il accroît son score personnel de 36 voix : le 22 juillet, il avait été élu, à bulletins secrets, par 413 voix contre 251 et 44 abstentions. «Le Parlement européen vient de donner un appui fort à la Commission, s'est-il réjoui. La démocratie est devenue plus mûre.»

Barroso a obtenu l'appui quasi unanime des conservateurs du PPE-DE, mais aussi celui des deux tiers des socialistes, deuxième groupe derrière le PPE-DE, et des deux tiers des démocrates et libéraux (ADLE). Le PS français a voté contre la Commission, alors que les Italiens, les Grecs et une partie des Portugais et des Néerlandais optaient pour l'abstention. Côté ADLE, ce sont les Français de l'UDF et les Italiens de la Marguerite qui ont fait défection.

Mais, pour le coup, ces chiffres sont trompeurs. Autant les investitures des précédentes Commission se sont faites dans l'enthousiasme, autant celle du collège présidé par Barroso s'est faite à contrecoeur, les eurodéputés, en particulier socialistes et libéraux, ayant surtout eu le souci d'éviter une nouvelle crise. Daniel Cohn-Bendit, président du groupe Vert, a d'ailleurs violemment dénoncé «l'hypocrisie au pouvoir» alors qu'il y a trois semaines, «l'imagination était au pouvoir» : «Je regrette que beaucoup de sceptiques n'aient pas été jusqu'au bout de leurs idées.» «La procédure d'approbation de votre Commission ne s'achève pas aujourd'hui», a tenu à préciser Graham Watson, le président du groupe ADLE : «Vous avez obtenu votre permis de conduire, demain nous commencerons à débattre du code de la route.» Le ton a été identique au sein du PSE, où le maintien de la Néerlandaise Neelie Kroes à la concurrence a du mal à passer : «Il va y avoir une ambiance de défiance permanente à cause d'elle et peut-être de guérilla», prédit Pierre Moscovici (PS, France).

Bref, «la Commission Barroso s'appuie en réalité uniquement sur la droite», souligne Moscovici. Ce qui n'est pas étonnant, 19 commissaires sur 25 étant de droite. Et encore : les députés conservateurs d'Europe de l'Est n'ont voté pour elle que par «discipline de groupe», comme le souligne Jacek Saryusz-Wolski (Pologne) : «Mais nous avions la rage au coeur : on oblige Rocco Buttiglione à partir à cause de ses convictions religieuses mais on garde l'ancien stalinien Laszlo Kovacs», le commissaire hongrois chargé de la fiscalité. Autant dire que «Barroso est sous surveillance. Il ne tiendra pas jusqu'au bout», affirme Harlem Désir (PS, France).


Publicado por esta às novembro 19, 2004 10:56 AM