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novembro 24, 2004
José Manuel Barroso réclame l'indulgence
Fonte: Le Figaro
UNION EUROPÉENNE Après les critiques, le nouveau président de la Commission s'explique
José Manuel Barroso réclame l'indulgence
Le président de la Commission européenne s'est déclaré opposé aujourd’hui à une révision des grands principes du pacte de stabilité, après à une demande en ce sens formulée par le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. «Nous ne pensons pas que ce soit une contribution pour la crédibilité du pacte d'avoir une révision fondamentale de ce pacte», at-il affirmé lors de sa première conférence de presse en tant que président de l'exécutif européen.
Bruxelles : de notre correspondante Alexandrine Bouilhet
[24 novembre 2004]
Critiqué dès son entrée en fonction, accusé de faiblesse et de maladresses, le nouveau président de la Commission européenne réclame un peu d'indulgence. «Je trouve curieux qu'on me juge ainsi dès mon premier jour de travail», confiait-t-il lundi soir à un groupe de journalistes. «Je demande un peu de temps», implore-t-il. Son premier bras de fer avec le Parlement a viré à la crise institutionnelle. Menacé d'un vote de censure, José Manuel Barroso a été contraint de remanier son équipe. «Trois semaines de retard sur un vote, est-ce une véritable crise ? Je ne crois pas...», répond-il. «C'est la démocratie. Il est normal que le Parlement ait un droit de regard sur la Commission. Il s'est affirmé politiquement. Je m'en réjouis.» Aux yeux de nombreux observateurs, et notamment des Etats membres, la Commission Barroso s'est discréditée dans cette affaire. «Je pense qu'au contraire la Commission est sortie renforcée, estime son président. Elle a gagné un appui qu'elle n'avait pas au début. Elle a obtenu l'appui de la majorité des groupes politiques. Elle a été élue jeudi dernier à une écrasante majorité !»
Trois jours après ce vote de confiance, l'exécutif européen a pourtant vacillé sous le coup de «l'affaire Barrot». Le groupe libéral au Parlement demandait la démission du commissaire français. Contre toute attente, l'attaque des centristes a été contrée par les socialistes. Dépassé par les événements, José Manuel Barroso était quant à lui prêt à envoyer Jacques Barrot s'expliquer seul sur son passé judiciaire devant le Parlement. «Le problème est réglé désormais, assure-t-il. Mon soutien au commissaire Jacques Barrot est sans faille et sans ambiguïté.»
Reste qu'entre la France et José Manuel Barroso, l'hôte du sommet des Açores, le courant passe mal depuis le départ. Le président de la Commission s'en est déjà plaint en privé. «Je ne sais pas ce que la France pense de moi, mais moi j'aime la France ! C'est ma deuxième culture. Je me sens très proche de ce pays, affirme-t-il. J'ai besoin de l'appui de tous les gouvernements européens, ajoute-t-il, mais celui de la France m'est indispensable, car l'Union européenne sans la France, c'est impossible.»
Accusé d'avoir privilégié les petits pays au détriment des grands dans la distribution des portefeuilles, d'être trop libéral, trop atlantiste, l'ancien premier ministre portugais révise un peu ses tablettes, sans pour autant se placer sous la tutelle du couple franco-allemand. «L'Europe a changé ! insiste-t-il. L'Union d'aujourd'hui n'est plus la même qu'à l'époque d'Helmut Kohl, François Mitterrand et Jacques Delors. Il y a 25 pays, 732 députés. La situation politique a changé. Le monde extérieur aussi a évolué», explique-t-il.
Sous pression de la «vieille» et de la «nouvelle Europe», aux intérêts souvent contradictoires, José Manuel Barroso ne sait plus trop où donner de la tête. Il tente de s'en sortir par le haut, en se dégageant de l'influence des Etats membres. «Dans la phase de transition actuelle, qui n'est pas facile, il nous faut une Commission forte et indépendante, insiste-t-il à l'adresse des gouvernements. Si l'on croit que l'on va résoudre les problèmes actuels de l'Europe avec une pure logique intergouvernementale, on se trompe !» Ce message d'autorité, le premier du genre, s'adresse d'abord aux capitales, priées de le laisser travailler en paix. Il est aussi destiné aux eurodéputés qui ont accusé José manuel Barroso d'avoir accepté, les yeux fermés, plusieurs commissaires douteux ou incompétents dans son équipe.
Publicado por esta às novembro 24, 2004 04:23 PM