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novembro 16, 2004

Fabius en héraut des élus locaux

[Fonte:Liberation]
Il reproche à l'UE d'avoir favorisé la disparition des services publics.

Par Thomas LEBEGUE
mardi 16 novembre 2004 (Liberation - 06:00)

Laurent Fabius s'est trouvé un nouvel argument pour dire non à la Constitution européenne : la disparition des services publics dans les territoires défavorisés, notamment dans les campagnes, serait une conséquence des «décisions et des textes européens». C'est du moins ce que le député de Seine-Maritime a laissé entendre en présentant le Livre noir de la casse territoriale que le PS a commencé à diffuser hier, au premier jour du 87e congrès de l'Association des maires de France (AMF).

Adopté la semaine dernière par le bureau national du PS, cet opuscule évite le sujet européen pour se contenter de dénoncer la «pseudo-décentralisation» enclenchée par Jean-Pierre Raffarin. Mais, pour Fabius, si les élus locaux se sentent aujourd'hui «méprisés» par l'Etat, c'est aussi à cause de l'Europe. «La Constitution fait de la notion de concurrence la valeur centrale. Or il n'a pas été possible de mettre la notion de service public au même niveau», a regretté hier le numéro 2 du PS. En faisant ainsi le lien entre les dogmes bruxellois et l'abandon d'une politique d'aménagement du territoire, il se fait le héraut d'élus locaux en colère face à la désertion de l'Etat. Il tente de récupérer un mécontentement qui fait aussi l'objet de la convoitise de ses concurrents, Hollande et Strauss-Kahn, lesquels défilaient samedi à Guéret aux côtés d'édiles de la Creuse (Libération d'hier).

Pour présenter ce Livre noir, recensant un grand nombre de projets locaux embourbés par manque de crédits d'Etat, Fabius était flanqué du député européen André Laignel, également hostile à la Constitution. «Sans vouloir dégager la responsabilité du gouvernement, il existe au moins un lien juridique entre les textes européens et le désengagement de l'Etat», a lâché le maire d'Issoudun (Indre), qui se présentera demain à la présidence de l'AMF.

De son côté, Fabius mise sur la nature de «parti d'élus» du PS pour transformer la mauvaise humeur de militants, souvent titulaires d'un mandat local, en bulletins «non» au traité européen lors du référendum interne du 1er décembre. L'ex-Premier ministre a donc invité les maires socialistes présents au congrès de l'AMF à venir à son meeting prévu demain soir à la Mutualité. Mais la partie n'est pas gagnée d'avance : selon un sondage Ipsos (1) publié hier dans le Courrier des maires, 55 % des maires PS s'apprêteraient à voter pour la Constitution.

(1) Réalisé du 11 au 18 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 401 maires.


Publicado por esta às novembro 16, 2004 11:37 AM