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novembro 02, 2004
Europe : le PS à J – 30 de son référendum
fonte: le figaro
opposition Alors que les débats s'ouvrent officiellement dans les fédérations socialistes, les dirigeants se préparent à un mois de campagne marathon
Europe : le PS à J – 30 de son référendum
Elsa Freyssenet
[02 novembre 2004]
Le vote des militants sur la Constitution aura des retombées sur la course à l'investiture pour la présidentielle. Si le non est majoritaire, François Hollande (premier plan) aura été désavoué par sa base. Si le oui l'emporte, Laurent Fabius aura perdu son pari. (Photo Bouchon/Le Figaro.)
C'est dans un mois, le 1er décembre, que les adhérents socialistes décideront de la position du PS sur la Constitution européenne. Leur vote déterminera le mot d'ordre du premier parti d'opposition lors du référendum sur le traité de Bruxelles prévu l'an prochain. Il aura aussi des retombées sur la course à l'investiture pour l'élection présidentielle. Si le oui l'emporte, Laurent Fabius, héraut du non, aura perdu son pari. Si le non est majoritaire, tous les autres présidentiables, à commencer par le premier secrétaire du PS, François Hollande, auront été désavoués par leur base.
Pendant quatre semaines, les uns et les autres vont donc accroître le rythme de leurs tournées dans les fédérations, avec une attention particulière pour le Pas-de-Calais et les Bouches-du-Rhône (lire ci-dessous). François Hollande et ses proches comptent marteler deux arguments : l'«isolement» du PS français en Europe s'il optait pour le non et le risque de crise interne. «Il n'y a pas, comme le prétend Laurent Fabius, de «non tranquille». Ceux qui votent non ne disent pas ce qu'ils feront le lendemain. Le non est anxiogène pour les militants», assure le maire de Dijon et numéro trois du PS, François Rebsamen. François Hollande a mis très tôt son poste de premier secrétaire dans la balance et les partisans du non ont crié au «détournement» de la consultation.
Le patron du PS s'affiche le plus souvent possible avec ses partenaires européens. Il était jeudi dernier à Rome et se rendra le 26 novembre à Madrid auprès du premier ministre espagnol, José Luis Zapatero. Le 10 novembre à Paris, il participera à un colloque avec le président du Parlement européen, Josep Borrell, et l'ancien président de la Commission Jacques Delors. «Certes, nous sommes français, mais cela ne nous donne pas tous les droits. On ne change rien tout seuls», a déclaré jeudi François Hollande.
Signe que les partisans du non prennent au sérieux l'impact de la peur de l'«isolement» chez les militants socialistes, ils vont eux aussi inviter dans leurs réunions des socialistes d'autres pays d'Europe. Ainsi, le club Ambition Europe, animé par les députés Paul Quilès et Manuel Valls et le parlementaire européen Marie-Noëlle Lienemann, organise le 17 novembre à la Mutualité à Paris un meeting avec l'ex-maire de Liège Jean-Maurice Dehousse, le vice-président du Sénat italien Cesare Faldi et Laurent Fabius. Ont aussi été sollicités des syndicalistes en désaccord avec le soutien au traité de Bruxelles de la Confédération européenne des syndicats. A l'exception de militants du MJS, les minoritaires du PS n'ont pas été invités. «Nous ne voulons pas faire de confusion : notre réunion n'est pas dirigée contre la direction du parti», explique Paul Quilès, désireux, comme tous les partisans du non, de distinguer le débat sur l'Europe des enjeux de pouvoirs internes au PS.
«Une réunion commune avec Fabius n'est pas d'actualité», déclare en écho le chef de file du NPS, Vincent Peillon, qui tiendra néanmoins un «meeting du non» à Lille avec les autres députés européens de la circonscription Nord, dont le fabiusien Henri Weber. A la fin du mois, le NPS organisera un «rassemblement» à Paris avec... des «invités extérieurs à la France».
Le camp du oui est aussi composé d'individualités rivales. Eclipsé par le duel Hollande-Fabius, Dominique Straus-Kahn compte revenir à l'avant-scène avec la sortie d'un nouveau livre, Lettre aux enfants d'Europe (le 9 novembre chez Grasset). Après avoir pris position – «Pour moi, c'est oui» – fin septembre dans Le Nouvel Observateur, Lionel Jospin va s'engager à nouveau dans la bataille. Le 16 novembre, il participera à une «réunion du oui» commune aux trois sections du XVIIIe arrondissement de Paris, en compagnie de Daniel Vaillant et de Bertrand Delanoë. Le 23, l'ancien premier ministre assistera à une «assemblée contradictoire» dans sa section de La Chapelle Goutte d'Or. S'il n'est pas prévu qu'il soit à la tribune, personne ne doute qu'il donnera son sentiment.
A part sur leur terre d'élection, les présidentiables évitent les débats contradictoires. DSK n'en a qu'un de programmé, le 26 novembre dans le Pas-de-Calais avec Manuel Valls. Laurent Fabius refuse les duels. François Hollande garde un mauvais souvenir de celui qui l'a opposé au chef de file du NPS Arnaud Montebourg à Strasbourg. Tous veulent, selon leur entourage, éviter de donner en spectacle la division du PS. Et ainsi préserver leur capacité à se poser en rassembleur pour 2007.
Publicado por esta às novembro 2, 2004 02:45 PM