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novembro 30, 2004
Constitution européenne: les socialistes français appelés à se prononcer
Fonte: France Press
Les militants socialistes vont se prononcer mercredi sur la constitution européenne, un scrutin très indécis dont dépend la consolidation de la direction du parti à 30 mois de l'élection présidentielle et, pour partie au moins, l'issue du référendum national prévu en 2005.L'événement
Le résultat de cette consultation interne, une première dans l'histoire du parti, donnera en effet une indication très attendue dans toute l'Europe sur les perspectives de ratification du traité constitutionnel par la France, lors du référendum auquel seront conviés les Français en 2005. Un non socialiste est souvent présenté comme risquant de compromettre un oui français et donc l'entrée en vigueur du traité dans sa forme actuelle.
La première tendance du vote sera connue au plus tôt après minuit, selon le numéro 3 du parti, François Rebsamen, soit deux heures après la clôture des bureaux de vote, qui auront ouvert à 18H00 dans chacune des 3.700 sections socialistes.
Le PS a prévu de faire un point plus complet tôt jeudi matin. Mais les résultats officiels de cette consultation interne - une première dans le parti et qui avait été décidée au congrès de Dijon en mai 2003 - ne seront proclamés que samedi, devant le Conseil national du PS.
Les deux camps s'attendent à une participation avoisinant 70% des 120.000 adhérents. Ceux-ci ont été conviés à des centaines de meetings, réunions internes et débats contradictoires dans tout le pays.
Le premier secrétaire François Hollande s'est refusé à tout pronostic. Le numéro deux du parti Laurent Fabius, porte-drapeau du camp du non, dit avoir "le sentiment que les arguments en faveur du non ont conquis le soutien d'une majorité des militants socialistes", mais s'interroge sur les effets de la "surdramatisation" jouée par les partisans du oui.
Selon David Assouline, du Nouveau Parti socialiste (NPS d'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon favorable au non), le oui avait en fin de semaine dernière 3.000 voix d'avance, soit moins d'une par section.
Des contentieux sur la régularité du vote pourraient surgir, notamment dans le Nord et les Bouches-du-Rhône où un climat de suspicion a parfois été entretenu, selon des responsables locaux du oui ou du non. "Le vote ne doit pas être faussé", a demandé Henri Emmanuelli (Nouveau Monde, gauche du PS).
M. Hollande a cherché à parer à l'effet boomerang que pourrait avoir un discours alarmiste sur une victoire du non. "Le débat n'est pas pour ou contre l'Europe" mais "pour ou contre le traité constitutionnel", a-t-il dit lundi, demandant "le respect de toutes les opinions" des militants.
Outre M. Fabius, plusieurs responsables (Paul Quilès, Manuel Valls, Marie-Noëlle Lienemann, etc.) ont rallié le camp du non, incarné depuis le début par la gauche du parti.
Selon de nombreux dirigeants, le Pas-de-Calais, de loin la principale fédération (11.000 militants), et très légitimiste (elle vote toujours comme le courant majoritaire aux congrès) détient en grande partie la clé du scrutin.
Son homme fort, Daniel Percheron, s'y est livré à un jeu subtil entre les mérites du oui et du non, qui devrait conduire à une victoire du non trop étroite pour provoquer un succès national du camp du refus, selon des responsables du "oui" à Paris.
Pour M. Fabius, une victoire du non ne changerait "rien à la direction du parti". Au contraire, pour Lionel Jospin cela "ouvrirait une situation de grave instabilité" car, selon lui, François Hollande n'aurait d'autre choix que de se soumettre ou de se démettre.
Enfin, même s'ils s'en défendent, cette campagne interne sur l'Europe a pris l'allure d'un prologue à l'investiture présidentielle, M. Hollande se posant de plus en plus en challenger de M. Fabius, avec Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang à l'affût.
Publicado por esta às novembro 30, 2004 04:37 PM