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novembro 29, 2004

Constitution européenne : Chevènement appelle les socialistes à un «non républicain»

Fonte: Le Figaro

Constitution européenne : Chevènement appelle les socialistes à un «non républicain»

Rodolphe Geisler
[29 novembre 2004]


Tout en ironisant sur le «couronnement de Nicolas Sarkozy», Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et fervent partisan du non à la Constitution européenne, a exhorté hier ses sympathisants à «ouvrir les yeux». «Il y a débauche de propagande (...) le non n'est pas honteux», a-t-il lancé en clôture des débats du deuxième congrès de sa formation, devant quelque trois cents délégués, réunis depuis la veille dans un gymnase parisien.


Surtout, à trois jours du référendum interne au PS, Jean-Pierre Chevènement, qui, compte tenu du calendrier socialiste, avait fait avancer à ce week-end la tenue du congrès du MRC, a profité de cette tribune pour appeler les tenants du non au sein du Parti socialiste à «ne pas se laisser ébranler». Selon lui, défendre le non, ce n'est pas être «populiste», «démagogue», ou encore «poujadiste». D'ailleurs, a demandé l'ancien candidat à la présidentielle, «en 1789, si on avait écouté François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Lionel Jospin et Jacques Delors, aurions-nous osé faire la Révolution française ?» : «Jamais !» , a-t-il objecté sous quelques applaudissements polis de la salle. Autre socialiste cité par le «Che» : Laurent Fabius. Mais cette fois pour «se féliciter» de son choix. Selon Jean-Pierre Chevènement, en effet, si le PS dit non à la Constitution européenne, «la campagne référendaire prendra en grande partie la forme d'un débat gauche-droite. Et ce sera un vrai renouveau de la vie démocratique à gauche». Encore que Chevènement avoue craindre que «le conditionnement des socialistes soit tel que le oui l'emporte» ! Ce qui, pour le débat démocratique, explique-t-il, en substance, serait dommageable. Georges Sarre, tout juste élu secrétaire national du MRC, en remplacement de Jean-Luc Laurent, se veut plus optimiste. Et estime que le choix de Fabius «est une chance», car «on n'est jamais assez pour se battre».


Quel que soit le vote socialiste, Jean-Pierre Chevènement s'est dit prêt à prendre la tête d'un comité national pour le «non républicain». «C'est possible, nous pouvons gagner», a-t-il lancé, cette fois très applaudi par les militants. Parce que «nous ne mettons pas la nation en congé, car nous y croyons encore», Jean-Pierre Chevènement, qui rêve de prendre le leadership du non durant la campagne référendaire, ambitionne ainsi de défendre «la France d'en bas contre la France d'en haut». Et la survie de son parti ?


Deux ans après le congrès de Saint-Pol-sur-Mer, ce deuxième congrès du MRC, créé en 2002, a aussi été l'occasion de renouveler l'équipe dirigeante et a mis en évidence des dissensions internes. Essentiellement sur le choix des dirigeants. L'élection de Georges Sarre, par exemple, ne s'est pas faite sans douleur. Candidate de dernière minute, Catherine Coutard, l'une des animatrices de la campagne de Chevènement en 2002, a ainsi réussi à recueillir plus de 30% des voix sur son nom. Le MRC, aujourd'hui, compte trois mille adhérents «encartés».

Publicado por esta às novembro 29, 2004 02:24 PM