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novembro 04, 2004

A Bruxelles, Barroso voudrait limiter les concessions

fonte: le figaro
Union Européenne Le Conseil espère régler la crise de l'investiture de la commission
A Bruxelles, Barroso voudrait limiter les concessions

Bruxelles : de notre correspondant Pierre Avril
[04 novembre 2004]


Les diplomates européens qui, ces dernières semaines, se demandaient «ce qu'on allait faire lors du Conseil de novembre» pourront, grâce à la crise de l'investiture de la commission Barroso, caler confortablement leur agenda. Même si le thème ne figure pas dans le programme officiel du sommet semestriel qui s'ouvrira aujourd'hui à Bruxelles, le remaniement de l'équipe communautaire devrait dominer les échanges qui auront lieu en marge de la réunion, entre les principaux pays protagonistes de ce jeu de chaises musicales. «Nous espérons qu'il y aura une nouvelle liste de l'équipe de M. Barroso. C'est notre souhait formel que cette question trouve une solution rapidement», a indiqué hier la présidence néerlandaise de l'UE.


De son côté, le président du Parlement européen, Josepp Borrell, a indiqué que son institution était prête à organiser, dès lundi prochain, les auditions des nouveaux impétrants. Après avoir obtenu, samedi, la tête de l'Italien Rocco Buttiglione, puis le remplacement, mardi, de l'ancienne candidate lettonne par le diplomate Andris Piebalgs, le successeur désigné de Romano Prodi était toujours engagé hier dans des «négociations délicates» avec certains États membres, indiquait un porte-parole de l'équipe de transition.


Coincé entre la fierté des capitales et les revendications parlementaires, José Manuel Barroso entend pourtant limiter l'ampleur de son remaniement. «Une position dure», commente une source au Conseil. Un éventuel remplacement de la commissaire désignée à la Concurrence, la Néerlandaise Neelie Kroes, se heurte à l'hostilité de La Haye tout comme Copenhague s'oppose à voir sacrifiée la Danoise Mariann Fischer Boel, pressentie pour l'agriculture. De la même façon, Budapest estime, contre l'avis des conservateurs du PPE, que le socialiste Laszlo Kovacs est parfaitement apte à occuper le portefeuille de l'énergie. Enfin, le simple remplacement de Rocco Buttiglione à la justice et aux affaires intérieures, par son collègue, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, conviendrait à Rome. Mais aux yeux de plusieurs parlementaires, il pourrait être considéré comme purement cosmétique. «Avant même que Buttiglione fasse ses déclarations sur les homosexuels, l'opposition de l'Italie à la mise en oeuvre du mandat d'arrêt européen avait déjà posé un problème», rappelle une source diplomatique. Hier, le cas du futur commissaire italien constituait toujours une pierre d'achoppement, dans la mesure où Rome n'est pas prête à avaler une autre couleuvre. En plus, «une troisième victime sera sans doute nécessaire, faute de quoi le Parlement ne sera pas satisfait, et il est vrai que le cas de la Néerlandaise Neelie Kroes pose problème», ajoutait une source au sein du Conseil. Par précaution, les diplomates européens ont laissé en pointillé le texte de la déclaration finale relative à la formation de la commission Barroso. S'il ne parvient pas à présenter sa liste, le Conseil se contentera de prendre note du blocage parlementaire et, selon la formule consacrée, «renouvellera sa confiance» au futur président. Si l'Union européenne n'était pas en mesure de présenter une liste de commissaires d'ici demain soir, elle devra se contenter de résultats tout aussi maigrelets. Certes, le rapport Kok, destiné à relancer le processus de Lisbonne et renforcer la compétitivité économique de l'Union, figure au menu des discussions, demain soir.


De leur côté, les dirigeants français, allemands, espagnols et suédois devraient présenter une initiative commune, baptisée «pacte européen pour la jeunesse», et censée lutter contre les problèmes de vieillissement démographique auxquels est confrontée l'Union. Mais les débouchés politiques du rapport Kok ne devraient véritablement trouver leur issue que lors du sommet du printemps 2005. Par ailleurs, au chapitre de l'immigration, les 25 adopteront demain un nouveau plan de cinq ans visant à réduire les flux à travers la Méditerranée par une coopération accrue entre les pays d'origine et de transit.


Enfin, le premier ministre irakien Iyad Allaoui sera «la guest star» de la rencontre avec les chefs d'Etat avec qui il déjeunera demain. Les discussions doivent porter sur la conférence de l'Irak prévue les 22 et 23 novembre à Charm el-Cheikh. Mais les dirigeants de l'UE devraient rester prudents dans leur approche, en attendant d'en savoir plus sur l'attitude de l'Administration américaine à venir. A ce propos, la victoire de George Bush sera accueillie par un service minimum.


Publicado por esta às novembro 4, 2004 03:18 PM