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outubro 29, 2004
Un traité de Rome bis pour la Constitution européenne
[Fonte:Liberation]
Signature aujourd'hui des vingt-cinq dirigeants de l'Union sur fond de crise.
Par Jean QUATREMER
vendredi 29 octobre 2004 (Liberation - 06:00)
Rome envoyé spécial
Le jour est historique et les gouvernements veulent que cela se sache. Aujourd'hui, à Rome, les vingt-cinq chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne signeront en personne le «traité établissant une Constitution pour l'Europe», conclu à Bruxelles le 18 juin. Les dirigeants de la Bulgarie et de la Roumanie, deux pays qui vont devenir membres de l'Union en 2007, ainsi que ceux de la Croatie et de la Turquie, qui devraient commencer leurs négociations d'adhésion en 2005, ont été invités.
C'est la première fois qu'un traité européen est signé à un aussi haut niveau : jusqu'à présent, ce soin était laissé aux ministres des Affaires étrangères, accompagnés, selon les cas, par les ministres des Finances. Pour la France, il y aura même trois signatures cette fois : celle de Jacques Chirac, celle du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et celle du ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier.
Cafouillage. Le lieu de la cérémonie ne doit rien au hasard : elle se tiendra au Capitole, dans la salle des Horaces et des Curiaces, à l'endroit même où furent signés, le 25 mars 1957, les traités de Rome instituant la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté de l'énergie atomique (Euratom) qui lancèrent l'aventure communautaire. A l'époque, seuls six pays étaient présents : l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
Les Vingt-Cinq ont donc décidé de faire dans le «lourdement symbolique», comme on le dit à Paris, pour montrer que la Constitution européenne constitue un nouveau départ et ainsi lancer de façon spectaculaire des campagnes de ratification qui s'annoncent périlleuses dans plusieurs Etats.
A priori, le choix de Rome n'allait pas de soi. Normalement, un traité est toujours signé là où il a été politiquement conclu. Or Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien, a été incapable de boucler les négociations sous sa présidence de l'Union, en décembre 2003. Mais la Ville éternelle reste la plus symbolique.
A cette hésitation sur le lieu a succédé un cafouillage sur la date, Silvio Berlusconi ayant un peu vite annoncé le 20 novembre. Ses partenaires lui ont fait remarquer qu'à cette date Romano Prodi, le président de la Commission sortant, ne serait plus en fonction, son mandat se terminant le 31 octobre, et qu'il ne serait pas fair play de le priver de cette cérémonie au motif qu'«Il Professore» est son principal adversaire politique...
Choix délicat. Depuis, la donne a changé, Romano Prodi ayant hérité d'une prolongation de bail surprise à Bruxelles, à la suite de la non-investiture, par le Parlement européen, de la Commission présidée par José Manuel Barroso (Libération d'hier). Une péripétie qui risque d'alourdir l'ambiance d'une cérémonie qui se voulait festive. Les chefs d'Etat et de gouvernement vont être obligés de discuter de la situation inédite créée par les députés européens. Ils sont face à un choix délicat : soit renvoyer les mêmes personnalités à Bruxelles, à charge pour Barroso de réattribuer les portefeuilles ; soit changer les commissaires les plus critiqués. La première option pourrait être perçue comme un refus de tenir compte des critiques du Parlement ; la seconde comme une victoire en rase campagne des eurodéputés... Aucune décision ne sera sans doute prise aujourd'hui, d'autant que les Vingt-Cinq auront l'occasion d'en reparler très rapidement, lors du Conseil européen des 5 et 6 novembre.
Publicado por esta às outubro 29, 2004 11:16 AM