« Portugueses São dos Mais Penalizados da Europa em Caso de Doença | Entrada | Les députés français débattent de l’adhésion de la Turquie à l’UE »
outubro 15, 2004
Turquie : le débat n’apaise pas la controverse
[Fonte: Le Figaro]
Jean-Pierre Raffarin, qui a ouvert la discussion par un discours très mesuré, a d’emblée souligné que «ni la Turquie ni l’Europe ne sont prêtes pour l’adhésion». Mais pour autant, «l’avenir n’est pas écrit», a affirmé le premier ministre, mettant en garde contre «un non sans discussion, anticipé, prématuré» sur cette question. S’efforçant de rassurer les Français, qui selon les sondages sont majoritairement hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, le premier ministre a rappelé qu’«en tout état de cause, la volonté de la nation sera respectée puisque le peuple de France aura, par référendum, le dernier mot». Le chef du gouvernement a souligné également que le processus d’adhésion serait long et pourrait s’arrêter «à tout moment».
Tout en dénonçant «un débat sans préparation», et déplorant que «le président de la République et le gouvernement (soient) condamnés à subir les événements», le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a, sur le fond, exprimé quasiment la même position que Jean-Pierre Raffarin. «Les deux options possibles, adhésion ou partenariat privilégié, restent ouvertes jusqu’à la fin des négociations», a-t-il déclaré.
Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a rappelé que son parti s’était prononcé le 9 mai dernier pour «un partenariat privilégié avec la Turquie, et non pour une adhésion». Mais il a ajouté qu’une «rupture brutale du dialogue» avec Ankara «ferait le jeu de ceux qui aspirent au choc des civilisations». Dans les couloirs, Laurent Fabius, le porte-drapeau du non au PS, a lui aussi estimé que «la meilleure formule, c’est le partenariat».
On retiendra surtout de ce débat les interventions des opposants résolus à l’entrée de la Turquie, au premier rang desquels François Bayrou, que les députés UDF, venus en nombre, ont applaudi debout. «L’adhésion de la Turquie, ce n’est pas un pas vers l’unité de l’Europe, c’est un pas vers sa dispersion», a-t-il assuré. Le président de l’UDF a néanmoins semblé prendre acte de l’ouverture prochaine de négociations d’adhésion en déclarant : «Il peut y avoir deux options au terme de ces négociations : soit l’adhésion, soit un partenariat privilégié». Il a aussi et surtout multiplié les attaques contre un gouvernement qui a organisé un débat sans vote, donnant l’image d’une «démocratie malade, affaiblie, appauvrie».
Un vote du Parlement français sur la question turque, c’est aussi ce qu’a proposé le président UMP de la commission des affaires étrangères, Edouard Balladur, mais «une fois acquise la décision du Conseil européen», le 17 décembre. Répondant partiellement à ce souhait, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a promis un «débat durant lequel le gouvernement rendra compte de ce qui s’est précisément passé» après le Conseil européen mais sans évoquer l’hypothèse d’un vote. Puis, réagissant aux propos de l’ambassadeur de Turquie à Paris (nos éditions d’hier), présent hier dans les tribunes du public, Michel Barnier a estimé que ce dernier avait «tort de considérer qu’il y aurait chez nous une sorte de délire», ajoutant qu’il y avait «simplement le désir de parler, de comprendre, de débattre» et, «pour notre peuple, de décider lui-même de l’avenir et des limites de l’Union européenne».
Plusieurs députés UMP hostiles à l’ouverture de négociations ont lancé des mises en garde au premier ministre. «Plus la Turquie sera proche d’entrer dans l’Europe, plus elle sera menacée par un basculement dans l’islam radical», a ainsi lancé Philippe Pemezec. Nicolas Dupont-Aignan, pour sa part, a réclamé l’organisation d’un référendum sur la Turquie avant le sommet européen du 17 décembre.
Adversaire déclaré de la Constitution européenne, le président du groupe PCF, Alain Bocquet a suggéré que le Conseil européen reporte l’ouverture des négociations avec la Turquie «après que tous les peuples d’Europe se seront prononcés sur le projet de Constitution». A l’opposé de cette vision, Pierre Lellouche, l’un des très rares élus UMP favorables à l’adhésion de la Turquie, a jugé que «fermer d’emblée la porte à la Turquie» serait «une immense faute politique.
Publicado por jpdias às outubro 15, 2004 11:09 PM