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outubro 25, 2004

Téhéran juge «inacceptable» l'offre européenne sur son programme nucléaire

[Fonte: le Figaro]

«Déséquilibrée et inacceptable». La réponse iranienne à l'offre européenne de coopération nucléaire ne s'est pas fait attendre. Trois jours après une rencontre cruciale à Vienne entre ses représentants et ceux de Paris, Londres et Berlin, Téhéran rejette catégoriquement «toute suspension illimitée» de son programme d'enrichissement d'uranium, selon les termes du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi. Hossein Moussavian, chef de la délégation iranienne à Vienne, a pour sa part assuré que l'Iran était déterminé à maîtriser le cycle du combustible nucléaire, même s'il fallait «ne pas compter sur les Européens» pour une aide dans ce domaine. Dans un document de quatre pages présenté comme une offre «de la dernière chance», ceux-ci offrent leur savoir-faire en matière de technologie nucléaire civile, à condition que Téhéran prouve une fois pour toutes qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique. Et relancent l'idée d'un accord de commerce et de coopération avec l'Union européenne, ainsi qu'un soutien pour une candidature éventuelle à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Téhéran ne ferme pas encore tout à fait la porte à un compromis. «Dans leur proposition, les Européens demandent la suspension de l'enrichissement jusqu'à un accord global. Il n'est [donc] pas question d'une suspension illimitée», a déclaré hier Hamid Reza Assefi, précisant que l'Iran remettrait «ses propres propositions» mercredi. Un an auparavant, les ministres français, anglais et allemands des Affaires étrangères avaient arraché aux Iraniens la promesse d'interrompre leurs activités d'enrichissement d'uranium et d'adhérer au protocole additionnel du traité de non-prolifération (TNP) qui autorise l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à des «inspections inopinées». Mais Téhéran, mécontent de ne pas être retiré de l'ordre du jour de l'agence, avait renié sa parole en juin, reprenant l'assemblage de centrifugeuses et ses activités d'enrichissement de l'uranium. La mauvaise volonté du régime islamique à laisser travailler les inspecteurs nucléaires, depuis dix-huit mois sur le terrain, ainsi que des traces d'uranium fortement enrichi, que ne justifie pas un programme civil, récemment découvertes, laissent toutefois planer de sérieux doutes sur les intentions réelles de Téhéran, que Washington accuse de vouloir produire une arme nucléaire. Le temps presse désormais. L'AIEA décidera le 25 novembre prochain s'il convient de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies, qui pourrait engager des sanctions internationales. En aparté, des diplomates de l'Union européenne ont déjà annoncé que leurs pays se rallieraient à cette dernière option, ardemment soutenue par l'administration américaine, si l'Iran laissait passer cette «dernière chance».

Publicado por esta às outubro 25, 2004 06:13 PM