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outubro 26, 2004

Paris et Berlin soutiendront la candidature turque à l'UE

Fonte Le Monde

Rappelant que les Français seraient consultés par référendum au terme de négociations d'adhésion qui dureront "dix ou quinze ans", le président français Jacques Chirac s'est dit à Berlin "persuadé qu'à l'époque, le problème se posera avec beaucoup moins de passion".
Le président français Jacques Chirac a retrouvé mardi 26 octobre à Berlin le chancelier allemand Gerhard Schröder, à l'occasion d'un 4e conseil des ministres franco-allemand, à l'issue duquel les deux hommes doivent s'entretenir avec le premier ministre Recep Tayyip Erdogan de l'adhésion turque à l'UE.

Accueillis à la chancellerie vers 11 heures, M. Chirac et Jean-Pierre Raffarin se sont entretenus entre autres de la révision du pacte de stabilité de l'UE sur la base des propositions de la Commission, a indiqué l'Elysée. Les perspectives financières 2007-2013 ont aussi été discutées, Berlin et Paris souhaitant toujours plafonner la future enveloppe budgétaire à 1 % du produit intérieur brut communautaire, contrairement à la Commission. Au menu de ce premier entretien ont figuré aussi le prochain sommet UE-Russie du 11 novembre à La Haye, et l'investiture de la Commission Barroso avant le vote de mercredi au Parlement européen, sans qu'aucun pronostic ne soit fait par l'un ni l'autre, a-t-on indiqué de même source.

Mais la grande affaire a été la question turque. MM. Chirac et Schröder ont largement parlé de la Turquie avant leur rencontre avec M. Erdogan et en vue du sommet de Bruxelles en décembre. Le président français et le chancelier allemand ont affirmé à Berlin qu'ils appuieraient l'ouverture des négociations d'adhésion avec le but qu'elles aboutissent à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

M. Chirac, dans une conférence de presse, a affirmé que son "vœu le plus cher" était que les négociations d'adhésion d'Ankara se terminent par l'adhésion de la Turquie. M. Schröder a abondé dans le même sens en affirmant que le but des négociations devait être l'adhésion d'Ankara et "aucun autre but". Il a réclamé "détermination et transparence", et souligné que l'objectif des négociations "ne devait laisser aucune question en suspens".

LES FRANÇAIS SE PRONONCERONT

Jacques Chirac, en se disant "favorable" aux conclusions de la Commmission européenne qui préconise l'ouverture de ces négociations, a estimé qu'elles pourraient s'ouvrir "en 2005 ou autour de 2005". "Le problème doit être apprécié dans le temps", a-t-il dit, en se déclarant persuadé que l'adhésion "est de l'intérêt de l'Europe, de l'intérêt de la Turquie, et de l'intérêt de la paix et de la démocratie dans le monde et dans la région". Une entrée de la Turquie demandera "un effort très important" essentiellement de la part de ce pays, a-t-il fait valoir.

Le sommet européen de Bruxelles en décembre appuiera probablement les recommandations de la Commission européenne sur l'ouverture de négociations pour l'adhésion de la Turquie, a déclaré le président français. "La décision sera prise lors du conseil européen des 16 et 17 décembre. Cette décision s'appuiera sur la recommandation de la Commission qui est favorable à l'ouverture des négociations", a-t-il dit. "Le 16 ou le 17 décembre, le conseil européen va adopter probablement les propositions - je ne peux pas en préjuger naturellement", a ajouté Jacques Chirac.

Rappelant que les Français seraient consultés par référendum au terme de négociations qui dureront "dix ou quinze ans", il s'est dit "persuadé qu'à l'époque, le problème se posera avec beaucoup moins de passion".

DÉTERMINATION TURQUE

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé mardi que son pays n'accepterait aucune alternative à une adhésion pleine et entière à l'Union européenne, peu avant de partir pour le sommet "très important" avec les dirigeants français et allemand à Berlin. "Ce sommet (...) est très important par rapport à nos objectifs en matière de politique étrangère car l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne a cessé d'être un processus ambigu pour l'UE et a pris une direction irréversible", a-t-il déclaré.

M. Erdogan a rappelé qu'Ankara refuserait toute alternative à une adhésion pleine et entière à l'UE, concédant cependant que le processus d'adhésion pourrait prendre beaucoup de temps. "Ce à quoi le processus de négociations conduit, c'est une adhésion complète, personne ne doit tenter d'infléchir cela (...). Le temps que ça prendra est (une question) sujette à débat, c'est un autre problème", a-t-il affirmé. "Le processus d'adhésion de la Turquie mettra à l'épreuve pour la première fois le caractère pluraliste ou non de l'UE", a ajouté le premier ministre turc.

DÉBAT EN EUROPE SUR LA QUESTION TURQUE

Le débat fait rage en Europe sur la vocation de la Turquie - un pays relativement pauvre et peuplé de 70 millions de musulmans - à intégrer l'UE depuis que la Commission européenne a émis, le 6 octobre, une recommandation favorable au lancement de négociations d'adhésion avec Ankara. Les dirigeants des pays membres de l'UE doivent prendre une décision cruciale le 17 décembre sur l'ouverture ou non de ces pourparlers.

Le rapport de la Commission a affirmé qu'Ankara remplissait désormais les critères requis par l'UE en matière de démocratie pour commencer les pourparlers d'adhésion, mais a précisé que ceux-ci ne garantissaient pas l'entrée automatique de la Turquie dans l'Union.

Publicado por esta às outubro 26, 2004 06:27 PM