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outubro 13, 2004

Les eurodéputés fragilisent à nouveau la future Commission Barroso

[Fonte: Le Monde]

Les évaluations de commissaires par les eurodéputés n'étaient pas toutes achevées mardi après-midi. Selon son entourage, le président Borrell attendait encore celles des libéraux Mariann Fischer Boel, commissaire danoise désignée à l'agriculture, et Siim Kallas, commissaire estonien à l'administration interne, l'audit et la lutte antifraude.

Le futur président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Durao Barroso, a essuyé, mardi 12 octobre, un nouveau revers au Parlement européen, où un second membre de son équipe, le socialiste hongrois Laszlo Kovacs, a été désavoué, comme la veille le conservateur italien Rocco Buttiglione.

Actuel ministre des affaires étrangères hongrois, désigné pour le poste de commissaire à l'énergie, Laszlo Kovacs avait été entendu le 30 septembre par les députés de la commission de l'énergie. M. Kovacs avait été immédiatement critiqué pour manque de maîtrise technique de ses futurs dossiers, notamment par les Verts.

Le président de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, le conservateur britannique Giles Bryan Chichester, a transmis mardi une évaluation sans complaisance au président du Parlement européen. M. Kovacs "n'a pas convaincu la plupart des membres" de la commission "de son aptitude à assumer la haute charge pour laquelle il est proposé", écrit M. Chichester dans sa lettre.

CE VOTE NÉGATIF EST UNE PREMIÈRE

La mise en cause du socialiste Kovacs est pour tous les observateurs la réponse du berger à la bergère des eurodéputés conservateurs à la gauche, après le désaveu infligé à l'un de leurs champions, l'Italien Rocco Buttiglione.

La commission des libertés civiles du Parlement européen a rejeté lundi la nomination de M. Buttiglione au poste de commissaire à la justice, la liberté et la sécurité, dans un vote à la majorité très étroite (27 contre 26) qui a pris par surprise beaucoup de responsables politiques.

Ce vote constitue une première : dans le passé, certains aspirants commissaires s'étaient vu épinglés par le Parlement, mais aucun n'avait subi l'affront d'un vote négatif.

Les chefs politiques du Parlement européen devaient se retrouver mercredi autour du président de l'assemblée, le socialiste espagnol Josep Borrell, pour tirer les conclusions des offensives croisées contre M. Buttiglione et M. Kovacs.

Leur marge de manœuvre est faible, car le Parlement n'a pas la possibilité de récuser un individu au sein de la Commission. Il devra se prononcer par un seul vote sur la Commission Barroso dans son ensemble, le 27 octobre.

Un refus d'investiture, que personne n'envisage pour l'instant, serait un tremblement de terre politique comparable à la démission collective début 1999 de la Commission présidée par le Luxembourgeois Jacques Santer, que le Parlement menaçait de censurer.

LE SILENCE DE BARROSO

En attendant, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a fustigé des "relents intégristes" dans le vote contre Rocco Buttiglione, motivé par l'opposition de ce dernier à l'homosexualité et ses positions ultraconservatrices sur le rôle de la femme dans la société.

Les évaluations de commissaires par les eurodéputés n'étaient pas toutes achevées mardi après-midi. Selon son entourage, le président Borrell attendait encore celles des libéraux Mariann Fischer Boel, commissaire danoise désignée à l'agriculture, et Siim Kallas, commissaire estonien à l'administration interne, l'audit et la lutte antifraude.

Cantonné au rôle d'observateur des querelles entre les parlementaires de tous bords, M. Barroso garde pour l'instant le silence sur ses intentions.

Le successeur élu de Romano Prodi "attend de rencontrer les dirigeants du Parlement européen pour prendre position sur les auditions, et cette réunion aura lieu le 21 octobre", a déclaré mardi une porte-parole de la Commission. "Pour l'instant, M. Barroso (...) maintient sa confiance dans toute l'équipe, qui inclut M. Buttiglione", a-t-elle ajouté, en refusant de "spéculer" sur un éventuel remaniement.

Publicado por jpdias às outubro 13, 2004 11:41 PM