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outubro 15, 2004
Les députés français débattent de l’adhésion de la Turquie à l’UE
[Fonte: France Press]
Les députés ont débattu jeudi en rangs clairsemés de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, une majorité se dégageant pour un "partenariat privilégié", alors que les divisions internes à l’UMP et au PS ont persisté face à une UDF soudée derrière François Bayrou.
C’est dans une ambiance dépassionnée et face à un hémicycle dégarni que les orateurs se sont succédé à la tribune. "S’il y avait eu un vote, là, vous auriez eu du monde sur les bancs!", a ainsi commenté l’UDF Maurice Leroy dans les couloirs.
Ouvrant le débat, Jean-Pierre Raffarin a déclaré que "ni l’Europe, ni la Turquie ne sont aujourd’hui prêtes" pour une adhésion, un constat également exprimé dans l’après-midi par de nombreux orateurs à droite comme à gauche. Mais le Premier ministre a également invité les Français à ne pas répondre "non" prématurément et "sans discussion". "Ma conviction, c’est que l’Histoire tranchera", a-t-il affirmé.
Le plaidoyer du président de l’UDF, François Bayrou, contre l’adhésion de la Turquie, applaudi debout par ses collègues centristes, a tout de même électrisé un temps l’hémicycle.
Cette adhésion "n’est pas un pas vers l’unité de l’Europe", mais "un pas vers sa dispersion", a-t-il estimé. "En voulant intégrer la Turquie en contraignant (son identité), vous préparez, je le crains, des lendemains brûlants", a-t-il lancé.
M. Bayrou a longuement dénoncé les hésitations du gouvernement avant l’inscription de ce débat, sans vote, à l’ordre du jour de l’Assemblée, critiquant une "démocratie appauvrie". Il a rappelé que son parti préconisait un "partenariat privilégié" entre l’UE et Ankara.
Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a quant à lui affirmé qu’"une rupture brutale du dialogue entre l’UE et la Turquie ferait le jeu de ceux qui aspirent au +choc des civilisations+", désignant ainsi les musulmans fondamentalistes.
Il a rappelé que l’UMP s’était prononcée, le 9 mai, "pour un partenariat privilégié avec la Turquie" mais contre l’adhésion d’Ankara.
Dominique Paillé (UMP) a estimé que la Turquie n’avait pas vocation à devenir membre de l’UE, "parce que la Turquie n’est pas européenne". Il a critiqué le refus du gouvernement d’organiser un débat avec vote. Cette attitude, a-t-il dit, a "provoqué des frustrations légitimes" et persuadé les Français "qu’un mauvais coup se préparait derrière eux".
A droite, seul Pierre Lellouche (UMP) a défendu la position du président Jacques Chirac en faveur de l’adhésion de la Turquie, tandis qu’à gauche, Noël Mamère, favorable à l’adhésion, était aussi isolé.
Le débat a confirmé également l’absence de consensus chez les socialistes. Le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a jugé qu’il ne pouvait "y avoir de traitement de défaveur" pour la Turquie même si "à ce stade" elle ne respecte pas les conditions d’adhésion.
Il a demandé "que les deux options possibles, adhésion ou partenariat privilégié, restent ouvertes jusqu’à la fin des négociations", car "l’ouverture de négociations avec la Turquie est un droit légitime pour un pays que son histoire a tourné, depuis des siècles, vers l’Europe".
Mais pour Manuel Valls (PS), cette adhésion "accentuera la dilution de l’Union". "Il ne faut pas nier les déséquilibres, culturels, politiques, institutionnels qu’entraînerait l’entrée de la Turquie", a-t-il dit.
En marge de ce débat, le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, a présenté aux journalistes une photo de l’assemblée européenne surmontée du slogan: "Non à l’Europe turque: 2015, 100 députés turcs au Parlement européen".
Publicado por jpdias às outubro 15, 2004 11:13 PM