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outubro 28, 2004

La leçon de maoïsme de Daniel Cohn-Bendit

[Fonte:Le Temps]
Pour le président des Verts européens, la légitimité de José Manuel Durão Barroso n'est pas en cause, mais, prévient-il, «il n'a pas droit à l'erreur».
Eléonore Sulser, Strasbourg
Il était là dès le matin, dans les couloirs du Parlement de Strasbourg, pour annoncer avant tout le monde que José Manuel Durão Barroso, ayant fait ses comptes, consultait tous azimuts pour savoir quelle réponse donneraient les groupes politiques à un retrait de sa Commission. Daniel Cohn-Bendit, le président des Verts européens, jubilait visiblement, présent partout, multipliant les déclarations et les traits d'esprit face aux parlementaires et aux journalistes, sans rien perdre de son pragmatisme.

«Comprendre les défaites, c'est préparer la victoire», a-t-il lancé malicieusement à José Manuel Durão Barroso, citant Mao Zedong en hommage ironique au passé maoïste du président élu de la Commission européenne. «La conquête de la confiance du Parlement est une Longue Marche, nous allons vous aider dans cette Longue Marche», a-t-il poursuivi. «Barroso a été victime de sa propre imagination et il n'a rien entendu. Même dans son entourage le plus proche, on lui a dit: «tu vas au casse-pipe.» Et Daniel Cohn-Bendit d'expliquer que pour lui, les causes du revirement de dernière minute du futur patron de la Commission étaient à chercher du côté des mathématiques: «Il pouvait retourner le problème dans tous les sens, il lui manquait vingt à trente voix.» Et de noter que le «brave soldat Barroso» s'est mis «dans une situation où les gouvernements ne pouvaient pas le sauver». «Il y a des tas de gens au Conseil qui ont voté pour lui et qui n'étaient pas pour lui»: Tony Blair soutenait Barroso, explique-t-il en substance, mais il lui aurait préféré Verhofstadt, il a donc admis que les travaillistes du Parlement prennent leurs responsabilités. Les Français et les Allemands n'étaient pas fans de Barroso. Quant aux députés socialistes espagnols, raconte Cohn-Bendit, ils ont appelé eux-mêmes Zapatero pour lui dire de ne rien tenter.

Pour autant, le président des Verts européens ne pense pas, comme certains, que Barroso devrait se récuser lui-même: «Nous maintenons qu'il a été élu. Mais, prévient-il, il n'a pas droit à l'erreur. Il ne peut pas jouer tous les dimanches à ce petit jeu. Il doit oser s'opposer aux gouvernements. Je crois qu'il n'y a rien d'irréparable. Il y a eu un clash. C'est la vie. Ce n'est pas grave.» Evidemment, son avenir, face au Parlement européen «dépendra d'abord de la qualité de sa deuxième proposition [...]; de la qualité des propositions législatives de cette Commission [...]; de sa capacité à négocier avec différentes majorités sur des dossiers précis. «Il a une deuxième chance. Je suis pour donner une deuxième chance.»

Quant à savoir si Daniel Cohn-Bendit demanderait à José Durão Barroso de s'engager à ne pas reprendre Rocco Buttiglione, le président des Verts rétorque simplement: «Je ne demande pas des engagements contre la folie.»

Publicado por esta às outubro 28, 2004 02:59 PM