« UE: la Constitution d'abord, le combat ensuite | Entrada | Barroso zieht designierte Mannschaft zurück »
outubro 27, 2004
La croissance européenne engluée dans le pétrole
[Fonte:Liberation]
Baril élevé et dollar en recul : Bruxelles révise à la baisse ses prévisions pour 2005.
La croissance européenne engluée dans le pétrole
Par FILIPPIS Vittorio DE
mercredi 27 octobre 2004 (Liberation - 06:00)
Vue de la Commission européenne, la flambée des cours du pétrole commence à faire mal. Dans ses prévisions d'automne présentées hier, l'exécutif communautaire a revu en hausse la croissance dans la zone euro cette année à 2,1 %, contre 1,7 % lors de ses prévisions du printemps. Mais à cette relative embellie devrait aussitôt succéder une forte décélération. Ce sera donc pour 2005, estiment les experts de la Commission : 2 % contre 2,3 %. «L'activité s'est intensifiée en 2004 sous l'effet du dynamisme durable de la croissance et du commerce à l'échelle mondiale», souligne Bruxelles. Mais, en 2005, «la croissance devrait fléchir, conséquence néfaste de l'envolée des prix du pétrole», avant de se redresser de nouveau en 2006 (2,2 %). La Commission table sur un maintien du prix du pétrole à des niveaux élevés : le cours du baril doit s'inscrire à 45,10 dollars en moyenne sur 2005, avant de décélérer à 40,10 dollars en 2006.
Dollar. Jusqu'ici, de nombreux experts faisaient valoir que la hausse du pétrole ne devait pas remettre en cause la croissance européenne. Leur raisonnement ? Contrairement aux précédents chocs pétroliers, notamment à celui de 1973, la hausse des prix du pétrole n'est pas automatiquement répercutée dans les prix de détail. Dans les années 70, l'enchaînement était tel qu'il entraîna une indexation quasi automatique des salaires aux prix. Les économistes parlaient de la boucle prix-salaires-inflation. «Même si ce phénomène n'est plus de mise, il n'en demeure pas moins que les entreprises sont aujourd'hui contraintes de comprimer leurs coûts puisqu'elles ne peuvent pas répercuter la hausse de l'énergie», explique Evariste Lefeuvre, économiste à la Caisse des dépôts et consignations. Résultats ? Persuadées du pire, elles embauchent encore moins que d'ordinaire, n'augmentent pas les salaires, et les actionnaires préfèrent se voir verser des dividendes plutôt que de cautionner des investissements. Par ailleurs, l'actuelle et soudaine forte appréciation de la devise européenne (1,28 dollar pour 1 euro) risque de miner encore plus l'activité économique. Certes, certains estiment que la hausse de l'euro servira de bouclier à celle du baril de pétrole (facturé en dollars). «Mais seulement en partie», commencent à croire certains économistes.
Plomber. Dans ce contexte relativement morose, plus question de voir un taux de chômage flirter avec la barre des 8,5 % en 2005. Ce sera comme en 2004, soit 8,9 %, précise la Commission. «Entre les deux taux, la différence est de taille, puisqu'elle représente plusieurs centaines de milliers d'emplois. De quoi plomber la demande des ménages, et donc l'activité économique», ajoute Evariste Lefeuvre. Bref, rien de bon pour les budgets des Etats de la zone euro. Du coup, la Commission, toujours prompte à défendre l'orthodoxie budgétaire, a souligné que l'Allemagne, la France, l'Italie et le Portugal «devraient avoisiner ou dépasser» le seuil de 3 % du PIB fixé par le pacte...
Publicado por esta às outubro 27, 2004 02:20 PM