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outubro 18, 2004

La Commission européenne réitère sa confiance à Rocco Buttiglione

[Fonte: Le Temps]

Après les propos controversés, sur l'homosexualité notamment, du nouveau commissaire italien, le président de la future Commission européenne se veut confiant avant sa rencontre de jeudi avec les présidents des groupes parlementaires. La Commission européenne a réitéré lundi sa confiance à Rocco Buttiglione. Le commissaire désigné a pourtant multiplié les propos controversés, alors que José Manuel Barroso rencontre jeudi les présidents des groupes politiques du Parlement. «José Manuel Barroso reste confiant qu’à la fin du parcours son équipe recevra l’aval du Parlement», a déclaré une porte-parole. Pia Ahrenkilde n’a pas voulu en dire plus en dépit des nombreuses questions posées sur les intentions du président désigné de la Commission. Impensable. Seule certitude, si le Parlement européen (PE) n’approuvait pas la nouvelle Commission, c’est bien celle de Romano Prodi qui «resterait théoriquement en place». Une situation en fait intenable puisque des commissaires actuels sont déjà partis ou font leurs adieux. José Manuel Barroso viendra s’expliquer jeudi devant la Conférence des présidents des groupes politiques du PE. Il devra «réagir» aux évaluations des auditions des candidats commissaires, avant que le Parlement ne se prononce le 27 octobre, en séance plénière, sur la nouvelle Commission, qu’il ne peut approuver ou rejeter que dans son ensemble. Récusé par une commission. Le cas Rocco Buttiglione, 56 ans, focalisera l’attention. Catholique conservateur, il a été pressenti pour le portefeuille de commissaire européen à la Justice, la liberté et la sécurité, mais la commission Libertés publiques du PE l’a récusé. Elle a désapprouvé ses prises de positions sur l’homosexualité, qu’il considère comme «un péché», et sur la famille qui existe, selon lui, «pour permettre à la femme d’avoir des enfants et d’être protégée par son mari». Au lien de se calmer, la polémique a été encore relancée ce week-end. Inquisition dénoncée. Rocco Buttiglione a donné l’impression de dénigrer les mères célibataires. Il a toutefois réagi en affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte et s’est plaint d’être victime d’une discrimination et d’une «inquisition» anti-chrétiennes. Certains eurodéputés, comme le groupe socialiste PSE, ont menacé de refuser l’investiture, si Rocco Buttiglione n’était pas désavoué ou affecté à un autre poste. Le commissaire désigné à l’industrie, Günter Verheugen, a pris en revanche sa défense en estimant qu’en «Europe, chacun a le droit d’avoir son opinion et de vivre sa vie en fonction de certaines valeurs». Proche de Jean Paul II. «Néanmoins, un membre de la Commission ne doit pas placer de telles valeurs personnelles au-dessus des réglementations européennes. Et Buttiglione l’a explicitement précisé. Moi aussi, ces dernières années, j’ai dû faire certaines choses à l’encontre de mes convictions personnelles», a précisé Günter Verheugen. Professeur de philosophie politique, proche de Jean Paul II dont il a écrit certaines encycliques, Rocco Buttiglione est considéré en Italie comme un intellectuel de haut vol. Il a reçu un soutien remarqué, non seulement de l’intelligentsia catholique, mais aussi d’autres personnalités athées. Politiquement correcte. Plusieurs éditoriaux parus jeudi dernier dans la presse italienne illustrent l’incompréhension d’une partie des intellectuels de la Péninsule. Dans un article intitulé «Une Europe tristement correcte politiquement», Ernesto Galli Della Loggia, l’une des sommités universitaires du pays, estime que «l’affaire Buttiglione» montre qu’il n’y a plus dans les cercles du pouvoir à Bruxelles de tolérance pour les catholiques qui affichent ouvertement leurs convictions.

Publicado por esta às outubro 18, 2004 05:21 PM