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outubro 27, 2004
La Commission Barroso en péril
fonte: le figaro
UNION EUROPÉENNE
La Commission Barroso en péril
Strasbourg : de notre envoyée spéciale Alexandrine Bouilhet
[27 octobre 2004]
confiant ces derniers jours, José Manuel Barroso a réalisé, hier, en affrontant un hémicycle très divisé, qu'il risquait fort d'être battu.
(Photo AFP)
Plus compromis que jamais, le sort de la Commission Barroso sera tranché, aujourd'hui, à Strasbourg, par les 732 députés européens. D'après les différents calculs, un vote de censure est possible et même probable. Plutôt confiant ces derniers jours, José Manuel Barroso a réalisé, hier, en affrontant un hémicycle très divisé, qu'il risquait fort d'être battu, ce qui plongerait l'Europe dans une crise institutionnelle sans précédent.
La colère des députés se concentre toujours sur le candidat de l'Italie, Rocco Buttiglione, confirmé, malgré la polémique, dans ses fonctions de commissaire à la Justice, Sécurité, Libertés. En refusant de le changer de portefeuille, le futur chef de l'exécutif européen s'aliène les votes de la moitié du Parlement, ce qui le place dans une situation très périlleuse. Hier, José Manuel Barroso a appelé Silvio Berlusconi pour lui faire part de ses déboires, suggérant un remaniement de dernière minute. Embarrassé par cette mauvaise publicité pour son pays, le président du Conseil italien a, à son tour, appelé Rocco Buttiglione pour étudier la possibilité d'une sortie de crise. Evoquée ces derniers jours, l'hypothèse d'une démission surprise n'est pas à exclure.
En attendant un éventuel coup de théâtre venu de Rome, José Manuel Barroso poursuivait, hier soir, sa chasse désespérée aux voix. Face à un Parlement coupé en deux, entre une droite conservatrice acquise à sa cause et une gauche farouchement opposée, José Manuel Barroso s'accroche aux votes des députés libéraux, décisifs pour l'issue du scrutin. S'il n'obtient pas la majorité des 88 voix des libéraux, il l'a compris, sa Commission sera battue. Hier soir, José Manuel Barroso était invité à s'expliquer devant les élus libéraux, très divisés.
En désespoir de cause, le chef du groupe, Graham Watson, a appelé ses troupes à voter en faveur de la Commission. «Il faut lui accorder les bénéfices du doute», a-t-il affirmé, après avoir reçu des coups de fil implorants des capitales.
L'appel de Graham Watson n'a guère eu de succès. Hier, plus de la moitié des libéraux (55 à 65) refusaient toujours d'accorder leur confiance à l'équipe Barroso. Au-delà de l'«affaire Buttiglione», les Français de l'UDF, les Italiens proches de Romano Prodi et les Britanniques «anti-Blair» estiment que José Manuel Barroso a traité le Parlement comme une simple «chambre d'enregistrement». C'est leur principal grief. «Vous avez choisi d'ignorer les avis et les votes du Parlement pour ne pas déplaire au Conseil», a regretté la Française Marielle de Sarnez (UDF), vice-présidente des libéraux. «Vous aviez l'occasion historique de conquérir votre indépendance et de contribuer ainsi à renforcer le poids de la Commission», a-t-elle dit à José Manuel Barroso. «Vous avez choisi de faire l'inverse. Cela nous ne devons pas, et nous ne pouvons pas l'accepter !» Le chef de groupe, Graham Watson, n'a pas caché, non plus, sa colère à l'égard des gouvernements qui ont «donné à Barroso des commissaires faibles pour l'abandonner ensuite au milieu des vents». Car, pour les députés libéraux, l'Italien Rocco Buttiglione est le seul candidat problématique. Ils critiquent aussi la nomination de la commissaire danoise à l'Agriculture, de la néerlandaise à la Concurrence et du Hongrois à l'Energie.
Les coups de fil tardifs des capitales, notamment Londres et Berlin, appelant leurs députés à éviter la crise, n'ont rien arrangé. «Les collègues britanniques en ont assez de recevoir des coups de téléphone de Downing Street !», a déploré Daniel Cohn-Bendit. «Plus vous téléphonez, moins vous aurez de voix. Il est temps d'apprendre à respecter les institutions !»
Publicado por esta às outubro 27, 2004 05:33 PM