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outubro 14, 2004

France: la candidature de la Turquie à l’UE débattue à l’Assemblée

[Fonte: France Press]

La droite et la gauche abordent divisées le débat sans vote jeudi à l’Assemblée sur la candidature de la Turquie à l’Union européenne, ce qui traduit la difficulté des partis politiques à dégager un consensus en leur sein sur les sujets européens.

Longtemps, le gouvernement a essayé de repousser l’idée d’un tel débat mais sous la pression de l’UDF, du PS et d’une partie de l’UMP, le Premier ministre a décidé finalement de l’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée. Mais, pas question d’organiser un vote, risqué pour le gouvernement et le président Jacques Chirac.

Au regard des positions des uns et des autres à l’UMP --le conseil national de l’UMP de mai s’est prononcé contre une entrée de la Turquie dans l’UE-- et à l’UDF, en cas de vote, le non pourrait l’emporter. Ce qui apparaîtrait alors comme un désaveu du chef de l’Etat, favorable à une entrée de ce pays dans l’Union.

Pour des raisons différentes, la majorité des socialistes s’est retrouvée sur la ligne du gouvernement pour ne pas exiger un vote. Néanmoins, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius et certains de ses proches ont continué mercredi à réclamer un vote. Le fabiusien Didier Migaud s’est dit "très choqué qu’on fasse débattre l’Assemblée sans lui demander de voter".

Un consensus s’est dégagé mardi soir lors du bureau national du PS et c’est unanimes que les socialistes interviendront jeudi en faveur de la poursuite des négociations avec Ankara mais en fixant des conditions.

"Il serait totalement indécent de claquer la porte au nez de la Turquie qui a fait beaucoup d’efforts ces dernières années, mais qui a encore beaucoup d’efforts à faire", a résumé le président du groupe socialiste à l’Assemblée Jean-Marc Ayrault.

"Il y a une collusion UMP-PS pour ne pas aller jusqu’au vote et ne pas montrer leurs divisions", a jugé mercredi à l’Assemblée le porte-parole de l’UDF François Sauvadet après que son président de groupe Hervé Morin eut dénoncé la veille "un verrouillage de la démocratie" par ces deux partis. "Un débat sans vote, c’est du bavardage, c’est du bla-bla-bla", avait ajouté M. Morin.

Bien décidés à obtenir coûte que coûte un vote sur la Turquie, les députés UDF et leur président François Bayrou ont traqué dans les recoins de la procédure parlementaire chaque possibilité de parvenir à leurs fins.

Ils ont déposé mercredi un amendement dans le projet de budget 2005 supprimant la participation française (47 millions d’euros) aux crédits européens pour la pré-adhésion de la Turquie. François Bayrou devait défendre lui-même mercredi soir cet amendement devant la commission des Finances. Autre démarche entreprise par l’UDF: le dépôt d’une proposition de résolution sur un texte communautaire visant à apporter un soutien à la minorité chypriote turque. Dans les deux cas, le but recherché est d’engager une discussion sur la Turquie et de voter.

Le débat jeudi débutera à 15 heures par une déclaration de Jean-Pierre Raffarin. Les différents groupes disposeront d’un temps de parole proportionnel à leur poids numérique. Pour l’UMP, le président du groupe Bernard Accoyer sera le premier orateur.

Pour le PS, toutes les tendances pourront s’exprimer et Jean-Marc Ayrault sera le premier intervenant. François Bayrou sera l’unique orateur de l’UDF. Quant au PCF, c’est le président du groupe Alain Bocquet qui sera le seul à s’exprimer.

L’ancien Premier ministre Edouard Balladur s’exprimera également en tant que président de la commission des Affaire étrangères.

Publicado por jpdias às outubro 14, 2004 06:01 PM