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outubro 26, 2004
Commission européenne : Barroso persiste et signe
[Fonte: Le Figaro]
Le président de la nouvelle Commission européenne José Manuel Durao Barroso a réaffirmé ce matin à Strasbourg son refus de revoir la composition de son équipe et a appelé les eurodéputés au «sens des responsabilités» avant le vote d'investiture des eurodéputés demain. En refusant de changer le portefeuille de Rocco Buttiglione (à gauche), José Manuel Barroso a choisi l'affrontement avec le Parlement. «J'ai écouté l'avis du Parlement, j'ai compris votre message», a assuré M. Barroso lors d'une intervention devant les eurodéputés. «Certains d'entre vous auraient préféré une action plus radicale», a-t-il reconnu, à l'adresse des parlementaires qui réclamaient un remaniement du futur exécutif suite à l'affaire Buttiglione. «Toutes mes informations... me donnent l'impresssion qu'un changement de portefeuille à l'issue de cette procédure posera plus de problèmes qu'il n'en résoudra», a néanmoins affirmé M. Barroso. «Cette Commission est digne de votre confiance et mérite votre soutien. Je fais appel à votre sens des responsabilités. Je fais surtout appel à votre engagement européen pour exprimer votre confiance à ce collège», a-t-il plaidé. «Vous, les représentants des peuples de notre Europe élargie, vous connaissez l'ampleur des attentes des citoyens européens, vous êtes au courant de l'apathie, du scepticisme qui affecte la démocratie européenne», a-t-il poursuivi. «Vous partagez avec moi la conscience des menaces populistes, de tous ceux qui veulent affaiblir l'Europe et qui cherchent toujours à mettre en cause la crédibilité de nos institutions. Nous ne devons pas leur donner de nouveaux arguments», a-t-il estimé. «Nous n'avons pas de temps à perdre, c'est le moment de passer à l'action et de travailler ensemble pour le bien-être des citoyens», a-t-il ajouté. A défaut de changer de portefeuille Rocco Buttiglione, commissaire désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, M. Barroso a promis d'engager un «plan d'action» contre «toutes les discriminations», le racisme et l'antisémitisme et la création d'une «Agence (européenne) des droits fondamentaux». La Commission Barroso court le risque d'être privée d'investiture mercredi, en raison de l'hostilité d'un grand nombre d'eurodéputés à M. Buttiglione, suite à ses propos qualifiant l'homosexualité de «péché» et déclarant que la famille existait «pour permettre à la femme d'avoir des enfants et d'être protégée par son mari». Sans surprise, José Manuel Durao Barroso a reçu le soutien de Hans-Gert Poettering, le patron du puissant groupe conservateur (PPE, 268 sièges). «Il est de notre responsabilité d'exprimer notre confiance à la Commission... pour que l'Europe ait un bel avenir devant elle», a estimé celui-ci. Les chefs de file de la gauche et de l'Alliance des démocrates et libéraux pour l'Europe (ADLE), groupe charnière dont les 88 élus sont divisés, ont en revanche renouvelé leur hostilité devant son attitude. «Si vous ne changez rien, nous aurons beaucoup de mal à donner notre confiance», a déclaré le patron des 200 élus socialistes, Martin Schulz. «Nous défendons la démocratie et nous en avons assez de l'autoritarisme des chefs d'orchestre», a réagi le Vert Daniel Cohn-Bendit, dénonçant les pressions des Etats membres sur les eurodéputés pour sauver la mise à l'équipe Barroso. Le communiste français Francis Wurtz a assuré que l'extrême-gauche (GUE, 41 sièges) refuserait unanimement la confiance mercredi à la Commission. Le libéral britannique Graham Watson, patron de l'ADLE, a regretté pour sa part la faiblesse et le caractère tardif des propositions de M. Barroso pour sortir de l'affaire Buttiglione. «Nous ne changerons pas nos principes contre nos consciences par facilité politique», a-t-il assuré, laissant présager un vote majoritairement contre la Commission des élus de son groupe.
Publicado por esta às outubro 26, 2004 02:44 PM