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outubro 11, 2004
Commission Barroso : polémique autour de la candidature de M. Buttiglione
[Fonte: Le Monde]
Rocco Buttiglione, actuel ministre des affaires européennes de Silvio Berlusconi, avait provoqué un tollé, mardi 5 octobre, lors de son audition par la commission des libertés publiques. Ce démocrate-chrétien de 62 ans, dont le gouvernement a longtemps résisté à l'adoption du mandat d'arrêt européen, avait tenu des propos d'une franchise étonnante sur ses choix moraux. La commission des libertés publiques du Parlement européen a émis, lundi 11 octobre, un avis négatif à la désignation de l'Italien Rocco Buttiglione en tant que commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures, ont déclaré des responsables. Toutefois, les négociations entre groupes politiques du Parlement se poursuivent pour parvenir à un compromis. Cet avis — motivé par plusieurs prises de position très conservatrices de M. Buttiglione sur l'homosexualité ou le rôle des femmes — n'est pas contraignant. Les députés européens doivent en effet se prononcer, le 27 octobre, sur l'ensemble de l'équipe mise en place par le futur président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. OPPOSITION DE LA GAUCHE. L'avis de la commission des libertés publiques, présidée par le Français Jean-Louis Bourlanges, sera envoyé au président du Parlement ainsi qu'aux présidents de groupe, qui doivent discuter mercredi de la liste des futurs commissaires. Rocco Buttiglione, actuel ministre des affaires européennes de Silvio Berlusconi, avait provoqué un tollé, mardi 5 octobre, lors de son audition par la commission des libertés publiques. Ce démocrate-chrétien de 62 ans, dont le gouvernement a longtemps résisté à l'adoption du mandat d'arrêt européen, avait tenu des propos d'une franchise étonnante sur ses choix moraux. L'homosexualité, avait déclaré cet ami de Jean Paul II, est "un péché" et "la famille existe pour permettre aux femmes d'avoir des enfants et d'avoir un mâle qui les défend". La gauche du Parlement européen, des libéraux aux socialistes en passant par les écologistes et les communistes, a très mal pris ces déclarations. Dans un communiqué, les Verts "se félicitent de la décision prise aujourd'hui par la commission des libertés publiques du PE concernant l'audition de M. Buttiglione". La Néerlandaise Kathalijne Buitenweg, eurodéputée Verte, a précisé que "les Verts demandent à M. Barroso de tirer les conséquences de ce rejet de la nomination de M. Buttiglione à la Commission européenne". "Si tel ne devait pas être le cas, nous demandons aux groupes politiques ayant rejeté cette nomination d'être cohérents au moment du vote d'investiture de la Commission, le 27 octobre prochain, à savoir de voter contre l'ensemble de la Commission européenne", a-t-elle ajouté. LES "RELENTS INTÉGRISTES" DU VOTE. La défiance manifestée contre le ministre italien des affaires européennes a déclenché un tollé de protestations au sein de la droite italienne. "Rocco Buttiglione est rejeté deux fois : comme catholique et comme libéral", s'est insurgé Marco Follini, secrétaire général de l'UDC, le petit parti centriste de la coalition dont M. Buttiglione était le président. Silvio Berlusconi a condamné lundi "les relents intégristes" du vote. "Le vote sans précédent d'une commission du Parlement européen contre le professeur Rocco Buttiglione, commissaire désigné par le gouvernement italien est un mauvais début, en termes politiques, pour l'Assemblée de Strasbourg", a-t-il dit, cité par l'agence Ansa. "Sur le plan culturel et civil, la mise en cause de la liberté de conscience et d'opinion d'un commissaire de formation et de confession catholiques, et la contestation de la distinction laïque faite par lui entre morale et loi, entre morale et droit, a des relents intégristes, voire obscurantistes", a conclu le chef du gouvernement. "C'est un vote anticatholique", a lancé Francesco Giro, responsable des relations avec le monde catholique de Forza Italia, parti de Silvio Berlusconi. Le ministre de l'agriculture, Gianni Alemanno, dirigeant du parti Alliance nationale, a dénoncé "un acte grave, non seulement contre l'Italie, mais contre tout le monde catholique". "C'est un vote idéologique qui malheureusement a toutes les caractéristiques d'un vote discriminatoire et presque raciste", a déclaré Roberto Calderoli, ministre chargé des réformes et dirigeant de la Ligue du Nord. LA PROBABLE ÉQUIPE BARROSO. Militant de l'association catholique conservatrice Communion et Libération, Rocco Buttiglione est connu pour être un proche du Vatican, dont il partage les positions en matière d'avortement, de fécondation artificielle et d'école privée. L'audition des nouveaux commissaires par le Parlement européen, et plus particulièrement la controverse autour de M. Buttiglione, a mis en lumière des faiblesses au sein de l'équipe de José Manuel Barroso, mais cela ne devrait pas remettre en cause son approbation globale à la fin du mois. Le suspense sur cette procédure d'investiture est très limité dans la mesure où le Parlement, dominé par la droite, a déjà approuvé fin juillet à une nette majorité la nomination du conservateur portugais à la tête de la Commission. Le Parlement ne peut en outre que récuser l'exécutif européen dans son ensemble et pas l'un des commissaires désignés par les gouvernements des 25 Etats membres.
Publicado por jpdias às outubro 11, 2004 11:30 PM