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outubro 27, 2004

Bruxelles prévoit une décélération de la croissance européenne en 2005

Fonte: Le TempsBRUXELLES (AFP) - La Commission européenne a prévu mardi une décélération de la croissance européenne en 2005 à 2%, du fait de l'envolée "néfaste" des prix du pétrole et s'inquiéte de la poursuite des dérapages budgétaires des grands pays, Allemagne, France et Italie.

Profitant de la reprise mondiale, l'économie européenne est sortie fin 2003 de sa léthargie et va afficher une croissance de 2,1% cette année, prévoit Bruxelles qui revoit ainsi en hausse de 0,4 point sa prévision de printemps.

En revanche, pour 2005, Bruxelles a réduit de 0,3 point à 2% la performance prévisible pour la zone euro.

"La croissance devrait fléchir quelque peu, conséquence néfaste de l'envolée des prix du pétrole", a estimé la Commission. Pour 2006, elle prévoit une légère accélération, à 2,2%.

"Les prix du pétrole font peser un risque sur la croissance", a souligné le commissaire aux Affaires économiques Joaquin Almunia.

Bruxelles table sur un maintien des prix du pétrole à des niveaux élevés, le baril devant rester à 50 dollars en moyenne au dernier trimestre de cette année. En 2005, il devrait valoir 45,1 dollars en moyenne sur l'année avant de se replier à 40,1 dollars en 2006.

L'économie européenne sera une nouvelle fois à la traîne des Etats-Unis, qui devraient croitre de 4,4% cette année et 3% l'an prochain, selon les prévisions de la Commission.

Une autre menace pour l'Europe est "une forte appréciation de l'euro" qui "risque de miner l'activité économique en particulier dans le secteur manufacturier", prévient Bruxelles.

Toutefois, rappelle M. Almunia, si "la hause de l'euro est lente" et "n'est pas énorme", "son effet sera globalement plutôt positif" car il réduit la "facture énergétique et les pressions inflationnistes".

L'économie européenne est d'autant plus vulnérable que sa reprise est fondée début début 2004 sur les seules exportations, avec "un investssement nul au premier semestre", souligne Almunia.

Mais, M. Almunia prévoit une "reprise de la demande intérieure" grâce notamment à "une hausse des revenus disponibles".

Le chômage devrait commencer à reculer en 2006 à 8,6%, après une stabilisation à 8,9% en 2004 et 2005. Malgré l'envolée du pétrole, l'inflation devrait refluer à 1,9% en 2005 et 1,7% l'année suivante, après 2,1% en moyenne cette année.

La reprise n'a pas permis un assainissement durable des finances publiques des grands pays, regrette Bruxelles.

Les déficits publics de cinq pays de la zone euro, l'Allemagne, la France, l'Italie, la Grèce et le Portugal "devraient avoisiner ou dépasser" en 2005 le seuil de 3% du PIB fixé par le pacte de stabilité, à moins de nouvelles mesures, prévient la Commission.

Le déficit allemand devrait s'établir à 3,9% cette année et passer à 3,4% l'an prochain, dépassant la limite du pacte pour la quatrième année consécutive. Mais, en 2006, Berlin aura corrigé son déficit excessif et affichera un passif de 2,9%, estime Bruxelles.

Le gouvernement allemand a réaffirmé mardi sa volonté de revenir l'an prochain dans les clous du pacte et estimé avoir des divergences d'appréciation avec la Commission sur les perspectives économiques.

La France, elle, revient l'an procahin au niveau des 3% du pacte grâce notamment à la soulte versée par EDF-GDF pour le transfert au régime général des retraites de ses salariés, mais pourrait dériver de nouveau en 2006.

M. Almunia a affirmé suivre de près l'évolution budgétaire des deux grands pays.

L'Italie va afficher un déficit de 3% cette année et l'an prochain et ses comptes vont se détériorer encore en 2006, à 3,6%. Mais la Commission "attend" avant de lancer une procédure contre Rome de voir si les réductions d'impôt du gouvernement Berlusconi "sont financées", a relevé le commissaire.

Publicado por esta às outubro 27, 2004 12:19 PM