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outubro 27, 2004
Berlin, porte d'entrée de l'UE pour Ankara
[Fonte: Le Temps]
Le premier ministre turc a profité du sommet Chirac-Schröder pour s'assurer du soutien franco-allemand.
Yves Petignat, Berlin
Malgré de fortes résistances dans leurs opinions publiques et leurs parlements respectifs, Jacques Chirac et Gerhard Schröder soutiendront le 17 décembre, lors d'un conseil européen, la recommandation de la Commission européenne d'entamer des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union. Ils l'ont redit au premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'ils ont rencontré mardi soir à Berlin à l'issue du quatrième Conseil des ministres franco-allemand.
Officiellement, le premier ministre turc était venu dans la capitale allemande assister à la signature d'un contrat d'achat de 36 Airbus par Turkish Airlines pour un montant de 2,8 milliards d'euros. En réalité, il voulait s'assurer, une fois encore, du soutien du couple franco-allemand dans la question de la candidature controversée de la Turquie. Celle-ci craint que, sous la pression des opinions publiques, le Conseil du 17 décembre décide sous une forme déguisée de repousser l'ouverture des négociations.
«Le but des négociations doit être l'adhésion et aucun autre», a prévenu le chancelier Gerhard Schröder lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil franco-allemand. Il visait directement l'idée d'un partenariat privilégié que caressent aussi bien l'opposition chrétienne démocrate en Allemagne qu'une bonne partie de la majorité UMP en France. Pour sa part, Jacques Chirac s'est refusé à voir un risque de confusion dans l'opinion entre le référendum sur le traité constitutionnel de l'UE d'une part et l'adhésion de la Turquie de l'autre. «Ce sont deux décisions qui n'ont rien à voir entre elles. Le processus de négociation et d'adhésion prendra plusieurs années. Et pour cela, la Turquie devra s'engager sur la voie des réformes, se rapprocher des pratiques et des lois de l'Europe», a cru pouvoir rassurer le président français. Il n'est pas question en tout cas de repousser l'ouverture formelle des négociations ou de procéder dans un premier temps à une pré-négociation dans l'attente de la ratification du traité par tous les membres de l'UE. «Je n'ai pas connaissance d'une telle idée», a affirmé Jacques Chirac.
Par ailleurs, lors du Conseil franco-allemand, les deux gouvernements ont décidé d'un commun accord de relancer l'enseignement et la pratique de la langue du partenaire non seulement auprès des étudiants, mais aussi auprès des jeunes en formation professionnelle. Le but est d'augmenter de moitié, sur dix ans, le nombre de jeunes Allemands et de jeunes Français qui apprennent la langue du voisin. Il a aussi été question de la réforme du Pacte de stabilité et de la stratégie de Lisbonne, qui est de faire de l'UE l'économie la plus compétitive au monde d'ici à 2010.
Publicado por esta às outubro 27, 2004 12:32 PM