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outubro 27, 2004

Barroso renonce à présenter sa Commission

fonte: le figaro
Barroso renonce à présenter sa Commission
Le président de la future Commission européenne José Manuel Durao Barroso a capitulé ce matin face aux eurodéputés hostiles à son équipe et va refaire le tour des capitales de l'UE pour trouver une issue à une crise inédite dans l'histoire de la construction européenne.
Avec AFP.
[27 octobre 2004]


Ce coup de théâtre à la portée encore incertaine va jeter une ombre sur la signature vendredi à Rome de la Constitution européenne.

Son autre conséquence immédiate va être de prolonger de plusieurs semaines le mandat de la Commission sortante de Romano Prodi, qui arrivait à échéance dimanche prochain.

«Je suis arrivé à la conclusion que si un vote a lieu aujourd'hui, le résultat ne sera pas positif pour les institutions européennes et le projet européen», a expliqué M. Barroso dans une brève déclaration en fin de matinée mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg.

«Dans ces circonstances, j'ai décidé de ne pas soumettre la nouvelle Commission à votre approbation aujourd'hui», a-t-il ajouté, sous les applaudissements nourris de ses propres opposants dans l'hémicycle.

«J'ai besoin de plus de temps pour examiner ce dossier et pour consulter plus avant le Conseil européen (des chefs d'Etat et de gouvernement) afin que nous puissions avoir un fort soutien pour la nouvelle Commission, lorsqu'elle sera finalement approuvée», a-t-il ajouté.

«J'espère que nous pourrons arriver à un résultat dans les quelques semaines à venir, qui nous permettra d'aller de l'avant dans l'Union européenne», a-t-il conclu.

La Commission Barroso devait normalement prendre ses fonctions à Bruxelles le 1er novembre.

Mais elle était assurée que le vote des eurodéputés prévu mercredi débouche sur un refus d'investiture par une majorité hostile en particulier au commissaire italien désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, Rocco Buttiglione, auteur de propos controversés sur l'homosexualité et la famille.

Les traités européens empêchent le Parlement européen de refuser l'investiture à un commissaire en particulier et oblige ses élus à voter pour ou contre l'ensemble du collège.

Catholique conservateur, M. Buttiglione avait été récusé début octobre après son audition devant la commission des Libertés du PE pour avoir qualifié l'homosexualité de «péché» et déclaré que la famille existait «pour permettre à la femme d'avoir des enfants et d'être protégée par son mari».

Selon la presse italienne, l'homme par qui le scandale est arrivé a entraîné tous ses collègues dans la même chute en refusant jusqu'au bout de démissionner, malgré une invitation à faire «un geste noble» pour l'Europe du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

Contre l'équipe Barroso s'était mobilisée l'ensemble de la gauche, les 200 élus socialistes notamment résistant aux pressions des gouvernements de même étiquette en Allemagne, au Royaume Uni et en Espagne, mais aussi la plupart des souverainistes et une majorité des 88 élus démocrates et libéraux de l'ADLE.

Patron des socialistes, l'Allemand Martin Schulz a salué une «victoire du Parlement européen» à laquelle il s'est dit «fier que (son) groupe ait contribué».

«La Commission a besoin d'un soutien important du Parlement, un petit soutien n'est pas suffisant... Nous redémarrons maintenant le processus et M. Barroso a toutes les chances d'obtenir une large majorité dans ce nouveau round», a-t-il estimé.

Pour le libéral britannique Andrew Duff, la prochaine Commission Barroso devra «être plus forte que celle qu'il vient de jeter à la mer».

«Quand on aura dessoûlé, nous réaliserons que M. Barroso a été durablement affaibli. Il va maintenant recevoir un accueil compliqué au Conseil européen de la semaine prochaine», a-t-il estimé en référence au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 4 et 5 novembre à Bruxelles.

Publicado por esta às outubro 27, 2004 05:30 PM