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outubro 28, 2004
UE: la composition de la Commission devient un exercice à haut risque
[Fonte:Le Temps]
BRUXELLES (AFP) - La composition de la Commission européenne est devenue un exercice à haut risque du fait de l'élargissement à 25 pays et de la polarisation politique du Parlement européen, avec des règles inchangées en dépit des propositions avancées par la Convention chargée de préparer le Traité constitutionnel.
Les parlementaires européens qui ont contraint mercredi le président désigné José Manuel Durao Barroso à retirer une équipe contestée ont d'ailleurs insisté sur la responsabilité des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, à qui incombent la désignation des 25 membres du collège.
En indiquant jeudi qu'il procéderait à des "changements ponctuels", "quelque chose de très limité", au risque de ne pas satisfaire le PE, M. Barroso a souligné l'étroitesse de sa marge de manoeuvre. "Les Etats européens doivent à l'Europe leurs meilleurs et leurs plus intelligents", avait lancé mercredi Graham Watson, le leader des Libéraux, pour qui ce n'est pas ce que M. Barroso avait obtenu. "Vous avez du faire avec ce que vous aviez", a renchéri le leader socialiste Martin Shulz. "Les chefs d'Etat et de gouvernement ont été stupides de refuser la proposition de la Convention, qui voulait que les Etats proposent trois candidats, dont au moins une femme, au choix du président désigné", affirme John Palmer, directeur politique du European Policy Center.
. Barroso, partisan du maintien à Bruxelles du commissaire sortant à la Concurrence Mario Monti s'est ainsi vu imposer par Rome Rocco Buttiglione, l'homme par qui le scandale est arrivé. Selon une personnalité de la Commission sortante, les dirigeants des grands Etats membres n'ont pas tiré la leçon de l'élargissement, qui a fait passer le collège de 20 à 25 membres, mais avec un seul représentant par Etat membre, grand ou petit. Le travail de répartition des portefeuilles par le président désigné "était plus facile quand il avait le choix entre deux commissaires des grands pays", explique cette source.
Désormais, les capitales ne devraient plus avoir droit à l'erreur, sauf si, comme on l'a beaucoup entendu à Strasbourg, l'objectif du Conseil (des chefs d'Etat et de gouvernement) était d'affaiblir l'exécutif européen. Avec un seul commissaire par pays, l'équilibre dans la répartition des portefeuilles est devenu problématique. "A partir du moment où il n'y a plus qu'un commissaire par Etat membre, la répartition des portefeuilles devient très difficile", estime la même personnalité.
Allant vite en besogne cet été, M. Barroso a confié les compétences les plus importantes de la Commission à des commissaires venant de petits pays et aux orientations politiques très libérales. En outre, le risque lié à certaines personnalités, M. Buttiglione mais aussi Neelie Kroes, Ingrida Udre ou Mariann Fischer-Boel avaient été relevé très tôt. Enfin, le débat de Strasbourg a souligné pour l'avenir la nécessité d'une certaine adéquation entre la composition de la Commission et celle du Parlement, et pas seulement celle du Conseil.
En exigeant la présidence de la Commission pour un membre du PPE, parti conservateur sorti vainqueur des élections européennes mais loin d'être majoritaire, son président Hans-Gert Poettering a accentué la polarisation politique au sein du PE, comme M. Barroso l'a appris mercredi à ses dépends. "Le parti le plus important ne fait pas une majorité", a remarqué le coprésident des Verts européens Daniel Cohn-Bendit.
"La Commission doit être davantage le reflet du PE. Il y a un déséquilibre qui tient à la composition du Conseil européen", remarque une source communautaire. Mais les capitales, où dominent actuellement les gouvernements conservateurs, ont envoyé à Bruxelles la Commission la plus à droite de l'histoire européenne.
Publicado por esta às outubro 28, 2004 03:06 PM